Affichage des articles dont le libellé est #cecassembly. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est #cecassembly. Afficher tous les articles

vendredi 8 juin 2018

Une belle assemblée

(c) Albin Hillert/CEC
Après Lyon et Budapest, Novi Sad était ma troisième assemblée générale de la KEK. Et pour tout vous avouer, c'est celle que j'ai le mieux vécue !

Lyon avait vu surgir un conflit entre deux visions de la KEK et donc une bataille rangée entre deux clans, sur fond de difficultés relationnelles entre les différentes implantations de la KEK (Genève, Bruxelles et Strasbourg à l'époque) ; Budapest avait travaillé sur une nouvelle constitution, c'était donc une assemblée très technique, où l'on parlait peu de stratégie, beaucoup de règlement et d'organisation et où les deux visions avaient continué à s'opposer en arrière-plan de ces considérations techniques. L'ambiance était tendue, le programme surchargé, le découragement souvent à tapi dans l'ombre, prêt à nous sauter dessus... 

(c) Albin Hillert/CEC
En comparaison, Novi Sad a été une assemblée fraternelle, qui allait de l'avant et qui a dégagé un avenir. Certes, tout n'est pas réglé et il reste à la KEK de changer de culture - et de méthodes de travail - après avoir changé de constitution, mais le virage est désormais irrémédiable et les deux visions en conflit ne sont plus opposées mais pointent désormais dans la même direction. 

Pour faire simple, ces deux visions étaient : 
- d'un côté, voir la KEK comme un service des Églises dont le rôle est de les représenter auprès des institutions européennes (de l'Union européenne et du Conseil de l'Europe)
-  de l'autre, voir la KEK comme une communauté d’Églises agissant dans l'espace européen. 

Après neuf années passées à réfléchir, douter - souvent - et chercher la meilleure solution, après de nombreuses difficultés financières et un gros renouvellement du personnel, une tendance se dessine : on ne peut plus opposer l'aspect service et l'aspect communautaire. 

(c) Albin Hillert/CEC
En effet, la valeur ajoutée de la KEK auprès des institutions européennes n'est pas son expertise sur tel ou tel sujet mais le fait qu'elle représente de nombreuses Églises de traditions, de cultures et de soubassements théologico-politiques différents. La parole de la KEK est une parole forte parce qu'elle est une parole commune, un témoignage commun qui a su se tisser de ces approches et cultures différentes. Elle est une parole forte parce qu'elle représente de nombreuses personnes (souvent) engagées et constructives sur le terrain. Cette parole ne peut être formulée que dans la rencontre entre représentants d’Églises, elle a donc besoin d'espace de rencontres, de consultations, d'élaboration collective. La parole de la KEK n'est forte que si elle vient des Églises et non pas des employés de la KEK, même experts dans leur domaine. L’équipe de la KEK doit donc travailler plus dans la concertation, la consultation des Églises, organiser plus de rencontres, de groupes de travail, etc. et mettre au centre la dimension spirituelle de la KEK, qui représente sa valeur ajoutée (et non l'aspect politique). 

(c) Mladen Trkulja/CEC
D'un autre côté, la dimension "Communauté d’Églises" de la KEK a besoin de l'expertise de l'équipe de la KEK pour assurer une forme de "veille", discerner les sujets et les débats qui vont surgir dans les institutions européennes et interpeller les Églises pour qu'elles s'en saisissent à temps. Les Églises ont besoin de l'expertise de la KEK non pas pour les représenter - même si c'est souvent la façon la plus efficace de faire, mais ça ne doit pas être la seule -  mais pour les interpeller et les amener à réfléchir et à s'engager sur tel ou tel sujet abordé par les institutions européennes. Et si nous nous décidions par exemple à aborder sérieusement en Église la question de "comment être ouvriers de paix en Europe ?" (la paix est l'un des thèmes abordés dans le document sur les questions d'actualités) ou celle de "quelle agriculture et quel rapport à la terre pour demain ?" (la sauvegarde de la création est un autre thème phare en ce moment).

L'étape suivante sera d'assurer la pérennité financière de la KEK pour lui permettre de pouvoir assumer pleinement les missions que les Églises membres lui assignent. Car organiser des consultations et des rencontres entre représentants d’Églises demande du temps et du personnel bien formé à l'animation et à l'interculturel... 

En attendant de voir ces changements se réaliser, une éclaircie a percé les nuages ! 

Claire Sixt Gateuille

mardi 5 juin 2018

Respecter les droits humains, y compris à l'assemblée

(c) Mladen Trkulja/CEC
La défense des droits humains est un thème cher à la KEK, le sujet de l’assemblée le reprend sous la forme « justice, hospitalité, témoignage » et les débats ont tous concernés d’une manière ou d’une autre la dignité, l’intégrité et le respect de l’individu. 

Très concrètement, la KEK a adressé à tous les participants un document invitant à dénoncer immédiatement tout comportement et parole déplacés, elle a aussi mis en place pour ses assemblées une équipe d’écoute pastorale pour que toute forme de violence ne reste pas enfouie en soi pour celle ou celui qui la subit. Ce dispositif peut paraître étrange dans une telle assemblée, ces attitudes ne devraient pas exister dans nos milieux ecclésiaux. 

Même justifiés, nous sommes pécheurs, alors mieux vaut être lucides et se donner les moyens de dénoncer ces comportements violents et créer les conditions d’écoute et d’accompagnement pour les victimes. C’est la responsabilité de chacun et ce que nous pouvons attendre de nos institutions. 

Anne-Laure Danet

Dans l'ombre des cabines

Trois des quatre interprètes (c) CSG
Dans nos oreilles, les douces voix de Christine Mear et Evelyne Tatu ! Durant les séances plénières, qui ont été nombreuses, se relayant, elles nous ont traduit l’anglais et l’allemand aux divers accents. Leur rôle est réellement important, grâce à elles nous comprenons au plus juste les interventions, les messages et les annonces pour la journée pour que nous puissions au mieux nous façonner un point de vu. Elles rendent possible et réalisent une part de la diversité de la CEC.

Un grand merci pour leur clarté, et leur dévouement.

Emmanuelle Brulin 

La délégation française

La délégation française, heureuse, autour du nouveau président de la KEK, Christian Krieger ! 

Photo : Albin Hillert/CEC

lundi 4 juin 2018

Une ambiance étrange de tension électorale

Instrument méditatif, pour faire baisser la pression ? (c) A.Hillert/CEC
C'est la première fois qu'une Assemblée de la KEK élit son président et ses vice-présidents au suffrage direct. Avant le changement de constitution, l'Assemblée élisait un comité central (puis directeur) qui élisait lui-même ses présidents et vice-présidents (qui étaient souvent discernés en amont par leur propre famille confessionnelle...). Mais cette fois-ci, le suffrage est direct. Aussi y a-t-il eu présentation des deux candidats vendredi avec un petit discours de cinq minutes, et aujourd'hui une sorte de discours alterné pour répondre aux questions des jeunes. La tension a commencé à monter. 

Un cran a été franchi lorsque les arguments pour l'un puis l'autre ont commencé à être présentés. Après deux interventions (un en faveur de chaque), une déléguée allemande a demandé à ce que ceux dont on parle sortent de la salle, comme cela ce fait dans nos Églises lorsque l'on parle d'une personne, ce qui a été accepté. Les deux candidats sont sortis en se tenant par l'épaule, sous les applaudissements de la salle - un moyen de tenter de faire baisser la pression.

(c) Mladen Trkulja/CEC
Le délégué suivant a demandé le huis-clos (seuls les délégués participent à la séance), ce qui a été voté par une majorité de délégués. J'ai dû sortir à ce moment-là... Ce qui me permet d'être dans l'attente, mais que la pression ait baissé pour moi. Les autres, les délégués, eux, sont encore dans la cocotte-minute...

Une élection en plénière avec plus de 300 personnes, ou même avec 100 et quelque votants, peut être assez violent, en particulier quand on connaît si peu les candidats. Certains diront que c'est le jeu qui veut ça. 

Même si notre système - de faire discerner quelqu'un par le conseil sortant qui est (en général) élu par le conseil conseil entrant - a ses défauts, je trouve la formule bien moins dure à vivre. Le Saint-Esprit sait ce qu'il fait, et j'espère - je crois - que nous savons l'écouter assez pour que les choses puissent se faire ainsi sans cet exercice de rapport de force public qui peut blesser le perdant...

Claire Sixt Gateuille

L'Europe, c'est nous

Petra Bosse-Huber (c) Albin Hillert/CEC
Dimanche après-midi, Petra Bosse-Huber, évêque de l’Église protestante allemande, nous a encouragé à parler de l'Europe en Église. Il est important, dit-elle, de ne pas laisser la question de l'Europe aux politiques mais nous devons donner la possibilité que chacun puisse s'en saisir. Elle nous a invité à le faire dans nos paroisses, nous rappelant que l'Europe, ce n'est pas seulement une institution, des organes administratifs. Mais c'est avant tout un projet de réconciliation.

Aujourd'hui, il nous faut ré-investir cet aspect de l'Europe, cette mémoire, pour pouvoir changer ce qui ne fonctionne plus, là où l'Europe faiblit, là où elle faillit. Il s'agit de s'approprier l'idée de maison commune, comme le dit le Métropolite Emmanuel de France.

Petra Bosse-Huber nous a rappelé que l'Europe, c'est nous !

Emmanuelle Brulin

Pèlerinage pour la paix

(c) Albin Hillert/CEC
Dans quelques mois nous commémorerons, et même célèbrerons, la fin de la première guerre mondiale. Si la guerre se déclare, la paix elle doit se construire et chaque génération doit s’en faire l’artisan. En ce dimanche, avec les participants de la Conférence des Églises Européennes, nous avons voulu prendre notre part, symboliquement, par un « pèlerinage pour la paix ». Nous, baptistes ou évangéliques, ne sommes pas très habitués à ce mode de témoignage, à ce qui ressemble à une procession ! Mais la KEK, c’est aussi partager la spiritualité des autres chrétiens et être enrichi de leur manière de témoigner. Nous voilà donc, centaines de participants à l'Assemblée, en train de marcher ensemble le long du Danube en chantant des hymnes évoquant la paix, en priant pour celles et ceux qui aujourd’hui souffrent de la guerre. Nos prières montent ensemble pour nos frères et sœurs chrétiens mais plus largement nos frères et sœurs en humanité, particulièrement en Syrie ou en Ukraine. Nous marchons le long de ce fleuve qui traverse notre Europe, qui traverse les siècles. Nous voyons les ponts qui ont été ravagés, d’autres reconstruits. Et là je sens cette force, la force de l’espoir partagé !
 
(c) Albin Hillert/CEC
A la Conférence des Églises européennes, une immense diversité du christianisme est réunie, ceux qui nous sont familiers en France comme les réformés, les luthériens, les méthodistes et baptistes, les orthodoxes, les anglicans ou l’armée du salut mais aussi ceux que nous connaissons moins comme les vieux catholiques. Et tous ensemble, nous proclamons dans cette marche notre attachement à la paix, notre confiance en Dieu. Cela me rappelle d’autres marches, elles aussi non violentes, collectives de croyants, il y 50 ans aux Etats-Unis pour lutter contre la ségrégation raciale, autour du pasteur baptiste Martin Luther King. Notre contribution à la construction européenne en tant que chrétiens, en tant que représentants d’Eglises réunies dans cette assemblée de la CEC, c’est de rappeler qu’il y a plus que notre nationalité, il y a plus que nos peurs individuelles, nos besoins particuliers : il y a l’Eglise, celle qui dépasse mon étiquette confessionnelle, l’Eglise de notre Seigneur Jésus-Christ et qu’ensemble nous voulons être témoins d’espérance dans ce monde, artisans de paix.



Valérie Duval-Poujol

dimanche 3 juin 2018

Des surprises

(c) Albin Hillert/CEC
Ce genre d'Assemblée réserve toujours des surprises. Elles sont parfois bonnes, parfois moins bonnes. En voici un petit florilège : 
 
Il y a la surprise de découvrir que son bagage n'a pas pris l'avion en même temps que soi... C'est arrivé à l'une d'entre nous.

Il y a la surprise de retrouver tellement d'amis et de gens que je connaîs que j'ai l'impression de faire désormais partie des "dinosaures" de la KEK (ce n'est pas le cas de nos délégués dont la plupart découvrent la KEK). 

Il y a la surprise de découvrir qu'on nous demande de faire partie d'un comité qui va travailler nuit et jour pour proposer une liste pour le comité directeur la plus équilibrée possible (le comité des nominations) ou d'un autre (les "keynote listeners", intraduisible en français) qui doit être la "caisse de résonance" de l'assemblée, faire remonter à ceux chargés d'établir une stratégie pour les 5 ans à venir ce qui ressort des plénières, des discussions entre participants, des ateliers de travail, etc. C'est arrivé à deux d'entre nous.

Il y a la surprise d'entendre un évêque orthodoxe tout à fait respectable faire une blague très, très, très douteuse à Emmanuelle sur son prénom et le film auquel il renvoie...(les moins de 25 ans n'ont pas compris la référence). 

Claire Oberkampf joue durant le service anglican (c)CSG
Il y a la surprise d'être surprise d'entendre d'autres personnes dire le Notre Père en Français à côté de moi lors d'un temps de prière (d'un autre côté, ce n'était pas étonnant puisque j'étais assise entre Claire et Emmanuelle...).

Il y a la surprise d'entendre l'archevêque de Cantorbery Justin Welby demander aux femmes évêques de l'assemblée de l'excuser si tous les célébrants du service anglican sont des hommes.

Il y a la surprise de finir la célébration assez tôt pour pouvoir aller trois-quarts d'heure à la piscine dimanche avant de manger. Yes !

Claire Sixt Gateuille

samedi 2 juin 2018

Surmonter les inégalités : des conversions nécessaires

Atelier de travail sur les inégalités (c) Albin Hillert/CEC
J’ai participé cet après-midi au groupe sur les inégalités qui faisait écho à l’intervention du matin de Lisa Schneider, juriste, qui  a mis en avant l’impératif équilibre à trouver entre diaconie et plaidoyer politique contre les injustices. Les situations sont complexes et ce qui est injuste n’est pas forcément ce qui est ressenti comme injuste. Il est donc nécessaire de ne pas se contenter des symptômes mais de rechercher les causes. Est-il juste par exemple d’aider les personnes démunies ?

J’ai été très intéressée par les témoignages notamment celui d’un participant islandais qui a expliqué l’impact de la crise en Islande sur la population (chômage, perte de sa maison, etc.) mais en même temps cette situation a été l’occasion de développer une réelle solidarité. Les Églises se sont engagées aussi dans cette voie mais n’ont pas voulu « se contenter » de distribuer des sandwichs.

(c) Mladen Trkulja/CEC
Donner à manger à celles et ceux qui sont dans le besoin ne les aide pas à prendre leur destin en main et les maintient dans leur état de pauvreté. Les Églises ont alors distribué des cartes de crédit avec un plafond et des limites (pas d’alcool par exemple). Les jeunes se sont engagés dans cette démarche d’entraide et du coup se sont impliqués plus fortement dans les Églises. 

Renouveler sa compréhension de l’entraide, trouver des solutions qui permettent de rendre aux plus démunis leur dignité et de décider pour eux-mêmes, c’est le virage qu’ont pris les Églises en Islande … une « metanoïa » donc, un changement de direction. L’Évangile ne laisse pas immobile et transforme même nos meilleures intentions.

Les témoignages sont toujours des sources de réflexion et d’inspiration…

Anne-Laure Danet

Tous reliés…


 
Cet article m’a été inspiré par ce qui traine sous nos pieds dans cette conférence et par les témoignages reçus. Donc, au début (et comme le montre la photo) ce qui m’a inspiré c’est le câblage qui parcourt la salle des conférences, essentiel dans une rencontre où ordinateurs et tablettes remplacent cahiers et stylos. Quel rapport avec le sujet de la conférence ? Laissez aller votre lecture jusqu’à la fin et vous verrez.

(c) Albin Hillert/CEC

Dieu merci, dans nos Églises, nous avons beaucoup de frères et sœurs qui traduisent en action concrète l’appel de l’évangile. Il en est ainsi par exemple dans nos multiples actions d’accueil des réfugiés et migrants. Souvent, il nous arrive de sentir que nous ne faisons pas grande chose, que la situation nous dépasse. Dans cette assemblée, les différents témoignages nous ont permis (à nous français) de ne pas nous sentir seuls. Au contraire, nous apprenons avec une certaine joie que nous sommes tous reliés en Christ et dans l’action. Écouter successivement un patriarche orthodoxe syrien, un pasteur grec, une autre italienne nous a fait mieux comprendre comment nous sommes un maillon dans cette belle chaine solidaire et fraternelle.  Nous pouvons mieux voir que, lorsque certains migrants et réfugiés arrivent chez nous dans le sud de la France, par exemple, ils ont bénéficié du témoignage de toute une chaine des témoins. Les avoir en face à face et partager avec eux donne un visage encore plus humain à ce que nous faisons en témoignant de notre foi en Jésus Christ. Dans ces échanges nous entendons encore une fois la voix du Maître nous disant « car j’étais étranger et vous m’avez accueilli ». Mais aussi devient réelle, devant nos yeux incrédules, cette parole qui nous dit : « Vous êtes le corps du Christ, et chacun de vous est une partie de ce corps » 1Cor12:27 Nous ne sommes pas seuls, non seulement parce que l’Esprit guide et accompagne, mais aussi parce qu’Il place devant nous des chaines des témoins qui nous disent comment Dieu est et aime ce monde. Et, bonne nouvelle, nous en faisons partie. C’est comme ça que nous sommes témoins ensemble. Tel est le sujet de notre rencontre : Vous serez mes témoins. Qu’ainsi soit-il !!!
Certains chez nous utilisent l’image de la cordée. Je crains que l’efficacité réelle de l’image utilisée n’existe que dans la tête de celui qui l’utilise. Cette chaine est non seulement réelle, mais vécue en chair et os, dans un chemin de solidarité. Et curieusement cette chaine…libère.


(c) Albin Hillert/CEC
Article rédigé par Roberto Beltrami

vendredi 1 juin 2018

« Vous serez mes témoins » … dans l’hospitalité

V. Duval-Poujol et C. Oberkampf (c) Albin Hillert/CEC
Le culte ce matin nous amène à méditer le texte de Genèse 18 : Abraham accueille trois étrangers. Prier et chanter ensemble, se placer sous le regard de Dieu pour rappeler qu’avant tout c’est Dieu qui nous a accueillis et nous fait à chacun une place. C’est par une forte interpellation que le président de la Fédération protestante d'Italie, Luca Negro, nous entraîne avec une étude biblique sur ce même passage de Genèse 18 élargi au chapitre 19 : l’hospitalité d’Abraham et l’exemple contraire, l’inhospitalité des habitants de Sodome. L’un conduit à la bénédiction, l’autre à la destruction.

Ce thème de l’hospitalité concerne notre foi elle-même parce que l’accueil de l’étranger est lié à l’accueil de Dieu, l’hospitalité est la prise de conscience et le témoignage de la crainte de Dieu. Dieu veut que nous vivions sa présence comme une surprise. Qui sont ces trois hommes qui visitent Abraham ? La réponse vient dans l’engagement d’Abraham et non dans son savoir sur Dieu.

De quel côté sommes-nous ? Comment relisons-nous nos histoires ? Quel impact sur nos mémoires ? Le témoignage de représentants orthodoxes serbes interroge dans la relecture de leur histoire : des blessures restent, alors comment nous entraider pour aller vers la paix et la réconciliation ? La Conférence des Églises européennes doit aussi avoir cette vocation si nous voulons avancer ensemble et porter plus loin  notre témoignage commun.
Mgr Ignatius Aphrem II (c) Albin Hillert/CEC

La question de l’hospitalité est en effet cruciale dans une Europe en mal de valeurs et qui semble avoir oublié ses racines chrétiennes. Il est important de faire connaître les témoignages d’expériences concrètes, pour susciter toujours plus l’engagement des Églises sur le chemin de l’accueil et de l’hospitalité, comme celui du président du synode de l’Église évangélique de Grèce, le pasteur Meletis Meletiadis : « qu’est-ce qui nous a poussé un aller aussi loin dans notre engagement d’accueillir les réfugiés dans nos Églises, dans nos maisons ? C’est notre foi en Jésus-Christ qui nous appelle à nous engager sans crainte ; c’est pourquoi, malgré la crise économique que nous vivons, nous accueillons les réfugiés et nous recevons beaucoup ». Ou encore le témoignage du Patriarche Monseigneur Ignatius Aphrem II, de l’Eglise orthodoxe syriaque, reconnaissant à l’égard des Églises d’Europe pour leur accueil des réfugiés mais inquiet de la montée des nationalismes et des extrémismes ethniques et religieux. L’exode massif des chrétiens fragilise les Églises et la diversité religieuse dans le Moyen Orient. Face à cette situation de crise, le prosélytisme de certaines Églises évangéliques indépendantes rajoute à la souffrance et en exploitant cette situation, sans véritable solidarité et ni hospitalité réelle.

Anne-Laure Danet

Une seule lecture possible

Pour ceux et celles qui douteraient encore de l’attitude et l’action à mener vis-à-vis des réfugiés, un excellent éclairage du pasteur italien Luca Negro à partir du texte de Genèse 18.01-18. À travers cette parole, un manuel pratique de l’accueil qu’un chrétien doit offrir nous est révélé.

« L’Europe ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle peut prendre sa part de cette misère .» Généralement on reste avec la première moitié de la phrase de M. Rocard. On a bien su exploiter cette misère du monde en notre faveur, le moment venu. Et malheureusement aujourd’hui des opportunistes politiques et religieux en font autant, en soufflant sur les braises des peurs irrationnelles des uns et des autres vis-à-vis de l’étranger.

Personnellement, j’ai apprécié la radicalité du propos. Il n’y a pas quinze lectures des textes concernant l’accueil. Et nous sommes donc placés dans cette réalité qui n’admet qu’une réponse, comme devant Jésus. Celui même qui nous parle en Mt 25 : « …car j’étais étranger et vous m’avez accueilli… » . Cela vient de nous être rappelé dans l’intervention du Patriarche Mor Ignatius Aphrem II, de l’Église Orthodoxe Syriaque.

Au milieu de la description de la situation, le Patriarche a dénoncé l’action de groupes majoritairement pentecôtistes (je le cite) lesquels, tout en venant en aide aux populations dans le besoin, font du prosélytisme éloignant les croyants de leur traditions ecclésiales.

L’intervention suivante du Rev. Meletis Meletiatiadis, Président du Synode de l’Église Évangélique Grecque nous rappelle que lorsque nous venons en aide, nous le faisons au nom du Christ et non pas au nom de nos dénominations ecclésiales.

Dans ce sens l’exemple du couloir humanitaire, l’action de Saint’Egidio et la FPF, ainsi que des églises protestantes et catholiques tant du côté italien comme français a été mis en exemple. 

Article rédigé par Roberto Beltrami

l'Eglise universelle


La louange en français, la repentance en serbe, le pardon en allemand, l’intercession en anglais, chanter en espagnol… Tout cela fait par des frères et sœurs en chemise col romain couleur noire, bleu, rose, grise ou bleu ciel, ou en chemise (cravate ou pas) ou bien encore en longues robes noires, pourpres, voire blanches… chapeau ou pas à la tête. Toute la beauté et la variété d’une partie de l’église universelle réunie ici et priant le Dieu de Jésus Christ. Moment particulier de ces célébrations est le moment où le Notre Père arrive. Chacun/e prie dans sa langue maternelle. Et lorsqu’on écoute tout en priant, on sent bien faire partie de cette communauté des disciples d’Actes 2 : chacun/e entendant parler des merveilles de Dieu dans sa propre langue.

Une expérience qui non seulement témoigne de la richesse de la manifestation de Dieu dans l’église universelle, mais qui donne une opportunité d’ouverture aux mentalités fermées de ceux et celles qui croient que leur manière de voir les choses et de vivre l’église est la seule, la bonne, la vraie.

 Article écrit par Roberto Beltrami

Prière d'intercession

Ce matin, nous avons entendu une belle prière l'intercession que je partage ici (ceux d'entre vous qui sont célébrants peuvent l'utiliser dimanche au culte et prier pour nos délégués et toute l'assemblée de la Conférence des Églises européennes) :

Dieu d'amour,
Nous croyons que tu nous invites à entrer dans ta danse de vie.
Tu nous emplis du Saint Esprit
Et nous appelles à participer au ministère
du Christ - vivant et priant pour le monde
Jour et nuit, jusqu'à ce que tous les humains
vivent en formant ta famille sainte,
Unis dans le respect et l'amour.

Pour l'hospitalité et la réconciliation
Pratiquées dans nos Églises et nos sociétés;
Afin que les réfugiés, les familles déplacées et
Les sans-abri soient accueillis dans des lieux sûrs,
où ils seront à l'abri et en sécurité pour longtemps...
Seigneur, entends notre prière.

Pour la sollicitude à l'égard de la terre;
Afin que la dépendance mutuelle
de toutes les espèces soit respectée et protégée...
Seigneur, entends notre prière.

Pour nous-mêmes et pour chaque personne
Qui croit: afin que nous renonçions
à tout ce qui est faux en nous et
que nous devenions des disciples du Chemin...
Seigneur, entends notre prière.

Bénis-nous tout au long de cette journée.
Ouvre-nous nos coeurs et nos esprits aux autres et
aux dons inattendus qu'ils pourront nous apporter.
Rendez-vous attentifs à ta présence surprenante au milieu de nous.
Aide-nous à entendre ta sagesse lorsque tu parles ;
Puissions-nous être une bénédiction pour
Toutes les personnes que nous rencontrons.
Amen

jeudi 31 mai 2018

Jour J : départ pour la Serbie

Il est 6h, nous attendons l'embarquement.Vous voulez connaître nos attentes vis-à-vis de l'Assemblée ? voici quelques vidéos tournées avant le départ :

- Celle des délégués de l’Église protestante unie de France : 

- Celle de la déléguée de la Fédération protestante de France :

- et pour ceux qui parlent anglais, allemand, serbe, etc. voici le lien pour voir l'assemblée en direct (si le livestream marche..., sinon on peut voir les vidéo en différé sur la chaine youtube de la KEK) :


A bientôt !

mardi 22 mai 2018

Bientôt à Novi Sad

Pour l'assemblée de la KEK
Du 31 mai au 6 juin se tiendra l'assemble générale de la Conférence des Églises européennes (KEK), à Novi Sad, en Serbie. Une dizaine de français y assisteront, comme délégués de leur Église (Union des Églises protestantes d'Alsace-Lorraine, Église protestante unie de France, Fédération des Églises baptistes de France ou Église protestante malgache en France), conseillère de délégation ou chargé de la communication.

Un peu d'histoire
La Conférence des Églises européennes a été créée en 1959 pour être un pont entre les Églises d'Europe de l'Est et d'Europe de l'Ouest, séparées par le Rideau de Fer. Elle a même tenu plusieurs assemblées sur un bateau, dans les eaux internationales, pour permettre aux délégués des deux mondes de s'y retrouver. Après la chute du mur, elle a continué à travailler dans deux domaines : le dialogue entre Églises et la construction européenne. En 1999, la KEK a "absorbé" la "Commission Église et société" (European Commission on Church and Society, EEECS) qui était chargée par les Églises de l'Ouest de dialoguer avec les institutions européennes. Depuis 2009, la KEK s'est également rapprochée de la Commission des Églises auprès des migrants en Europe, avec laquelle elle travaille en étroite collaboration.
Elle est aujourd'hui composée de 115 Églises de différentes confessions chrétiennes : orthodoxe, anglicane, luthérienne, réformée, unie, évangélique, vaudoise, hussite, catholique chrétienne (appelée aussi "vieille-catholique"). Son secrétaire général actuel est le Père Heikki Huttunen, de l’Église orthodoxe de Finlande.

De 2013 à 2018
Assemblée de 2013 à Budapest
La dernière assemblée, en 2013 à Budapest, avait été très administrative, accouchant avec peine d'une nouvelle constitution et de la décision de déménager les bureaux principaux de Genève à Bruxelles (où des bureaux existaient déjà dans le cadre du dialogue de la KEK avec les institutions de l'Union européenne). Comme tous les déménagements institutionnels, celui-ci a entrainé turn-over du personnel et besoin de temps pour s'adapter à la nouvelle organisation. Aussi la dimension de travail avec des institutions européennes, qui imposent leur agenda, a-t-elle pris le dessus sur la dimension de communauté d'Églises, qui doit être animée de l'intérieur. La vacance du poste de responsable du dialogue théologique jusqu'en octobre 2016 n'a pas aidé les Églises à se saisir de cette "plateforme de collaboration entre Eglises" qu'est la KEK selon la nouvelle constitution. Ainsi, il me semble que la Conférence des Églises européennes s'est concentrée les cinq dernières années sur les trois thèmes majeurs qui sont des thèmes majeurs pour l'Europe : 
- Europe sociale (inégalités, chômage des jeunes, travail du dimanche, bioéthique, etc.)
- migrations 
- mondialisation et besoin de gouvernance mondiale

Malheureusement, elle a un peu délaissé l'aspect "communauté d’Églises", ne consacrant pas assez d'énergie à informer ses membres, à leur présenter les grands enjeux du moment, à les appeler à participer. A mon avis, il y a en particulier un gros enjeu dans le dialogue entre certaines Églises de l'Est qui blâment les Églises de l'Ouest, les accusant par exemple d'avoir abandonné leurs fondamentaux en laissant l'esprit rationnel et l'individualisme tout envahir depuis le siècle des Lumières, et ces dernières qui ne comprennent pas l'attitude conservatrice des premières (leur volonté de maintenir des États "chrétiens", leur affirmation d'identités collectives qui s'opposeraient à des droits individuels, etc.). Il y aurait un gros travail théologique, culturel et politique à faire pour ne pas se contenter de la caricature d'une opposition radicale "orthodoxes de l'Est" contre "protestants de l'Ouest"... Dépasser cette caricature pourrait nous aider également à réfléchir ensemble au témoignage des Églises dans les pays sécularisés.

Père Heikki Huttunen, actuel secrétaire général de la KEK
Comment nous saisir de cette "plateforme" ?
Si l'on veut faire un rapide bilan des 5 dernières années et de la nouvelle constitution, je dirais que la KEK fait bien ce qu'elle sait bien faire : le dialogue avec les institutions européennes (de l'Union européenne d'un côté, du Conseil de l'Europe de l'autre). Mais son nouveau statut de "plateforme de collaboration entre Églises" fait qu'il est difficile pour les Églises minoritaires comme la nôtre de s'y investir ; lorsque nous voulons travailler un sujet avec des Églises-sœurs, nous le faisons plus facilement à une échelle plus réduite, comme celle de la CEPPLE (la communauté des Églises protestantes des pays latins d'Europe), avec des Églises qui partagent les mêmes préoccupations que nous.

Nous nous sentons trop peu nombreux pour prétendre sérieusement faire pencher la balance dans la construction européenne, aussi déléguons-nous (peut-être à tort) cela à la KEK, qui fonctionne alors comme un réseau d'experts, et/ou aux "grosses" Églises majoritaires qui ont moyens financiers et humains pour s'y investir et dont le poids dans la société leur donne légitimité pour le faire... et qui du coup utilisent cette plateforme pour coordonner leurs actions et parler - lorsqu'elles y arrivent - d'une voix commune sur certains sujets. Il est clair que lorsque la diversité des Églises qui composent la KEK arrive à parler d'une voix commune, cela rend son témoignage plus fort et plus audible, même si cela prend plus de temps !

Mes attentes
Je connais bien la KEK, j'ai été membre de ce qui s'appelait alors le "comité central" de 2009 à 2013. J'attends de cette assemblée qu'elle me donne l'occasion de retrouver des connaissances et des amis. Car comme toute institution, la KEK est d'abord un réseau de personnes... 
J'attends ensuite de cette assemblée qu'elle me permette de prier dans de multiples langues, selon de multiples traditions, avec de merveilleux chants qui me resteront longtemps dans la tête (tiens, ça me donne envie de ressortir le carnet de chants de 2013...)
J'attends enfin de cette assemblée qu'elle me redonne envie d'envoyer des personnes s'investir à la KEK, et pas seulement lui déléguer notre parole d’Église dans la construction européenne. J'attends de cette assemblée qu'elle m'aide enfin à voir quelle pourrait être la place de notre Église dans cette communauté...

Pasteure Claire Sixt-Gateuille, 
responsable des relations internationales de l’Église protestante uniede France,
conseillère de délégation à l'Assemblée de la KEK