Affichage des articles dont le libellé est traductions. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est traductions. Afficher tous les articles

vendredi 14 septembre 2018

Ouverture de l'Assemblée générale de la CEPE

1ère session de l'assemblée (c) Serge Fornerod
Hier, jeudi 13 septembre, s'ouvrait l'assemblée générale de la Communion d’Églises protestantes en Europe (CEPE), appelée aussi parfois "Concorde de Leuenberg", du nom de son texte fondateur. Cette communion d’Églises réformées, luthériennes, méthodistes, vaudoises et de frères se reconnaissant en pleine communion les unes avec les autres existe depuis 1973. 45 ans après, des délégués de chaque Église se réunissent à Bâle (Leuenberg est tout proche de Bâle) durant cinq jours, pour travailler des textes théologiques (sur la communion ecclésiale) ou plus pratiques, sur la formation continue des pasteurs, la pluralité religieuse et comment vivre la dissémination (qu'ils appellent improprement en français la "diaspora"). On peut trouver ces textes sur le site de l'assemblée.

Agnès von Kirchbach nous représente à cette assemblée. Avec les autres délégués, elle devra discuter et amender la proposition de programme de travail pour les 6 années à venir : "Etre Eglise ensemble". Elle devra essayer également de défendre la pluralité linguistique de la CEPE, ce qui n'est pas une mince affaire et qui est un vrai enjeu. 

En effet, la CEPE (GEKE en allemand) est une institution quasi germanophone, contrairement aux autres organisations ecclésiales internationales (majoritairement anglophone). Cela s'explique par sa composition : comme chaque Église de Land allemand y est représentée, les germanophones y sont largement majoritaires. Et donc la théologie germanophone (allemande et suisse allemande) y a une lourde influence. Cela est parfois un problème, en particulier pour les Églises minoritaires comme la nôtre. La théologie germanophone est en effet marquée par un contexte quasi majoritaire et de grande présence des Églises dans l'espace social. Or on ne voit pas le dialogue inter-religieux de la même façon si on est une Eglise avec des moyens importants et qu'on prétend prendre en charge de vivre-ensemble dans l'espace public, ou si on est ultra-minoritaire, à compter nos forces et à ne pas être vu comme le partenaire principal de dialogue (ou pire, être vu comme quantité négligeable) par les autres religions... Cet écart se ressent fortement dans le texte sur le pluralisme religieux, par exemple. Ce ne serait pas grave si la spécificité de l'inter-religieux en contexte minoritaire était également traitée et prise au sérieux dans le document. C'est plus inquiétant si ce n'est traité qu'en passant, comme une exception qui confirmerait la règle...

Rapport du secrétaire général (c) GEKE
Le texte sur la "communion ecclésiale" est aussi très marqué par cette problématique linguistique : toute son argumentation théologique en allemand reposait au départ sur la notion totalement intraduisible dans d'autres langues de "Verbindlichkeit". Et cela n'a pas gêné les rédacteurs un instant d'élaborer un texte théologique de 41 pages sur un concept intraduisible ! Donc sur une logique excluante pour une bonne partie des membres de la CEPE... Car derrière la langue, c'est tout un mode de pensée, une façon d'articuler les idées qui se joue ; c'est un réseau de sens qui se déploie. Et s'il n'est pas possible de déployer un réseau de sens sensiblement identique dans les traductions de ce document, cela devient un vrai problème dans le cadre d'une communion internationale d’Églises. Faudra-t-il que la prochaine fois, j'intitule mon billet "Eröffnung der Vollversammlung" ?

Aujourd'hui, nous sommes obligés d’envoyer des germanophones à la CEPE, si nous voulons qu’ils comprennent quelque chose aux débats. C'est un fait. Est-ce que c'est une bonne chose, c'est moins sûr...

Claire Sixt Gateuille

mardi 5 juin 2018

Dans l'ombre des cabines

Trois des quatre interprètes (c) CSG
Dans nos oreilles, les douces voix de Christine Mear et Evelyne Tatu ! Durant les séances plénières, qui ont été nombreuses, se relayant, elles nous ont traduit l’anglais et l’allemand aux divers accents. Leur rôle est réellement important, grâce à elles nous comprenons au plus juste les interventions, les messages et les annonces pour la journée pour que nous puissions au mieux nous façonner un point de vu. Elles rendent possible et réalisent une part de la diversité de la CEC.

Un grand merci pour leur clarté, et leur dévouement.

Emmanuelle Brulin 

jeudi 6 juillet 2017

En quelle langue l'Esprit parle-t-il ?

Bible ouverte lors des études bibliques (c) R Lehner
Nous voici déjà à la veille de notre départ de Leipzig. Après une journée à Wittenberg, nous avons une journée de travail à la « Messe » de Leipzig. Le matin, rév. Dr. Mitri Raheb (pasteur luthérien en Palestine, président de Dar Al-Kalima) a introduit la journée avec une étude biblique sur le texte de Pentecôte, en Actes 2. Au sein de la Communion Mondiale des Églises Réformées, quelques soixante dix langues sont parlées et nous avons six langues officielles (l'anglais, l'allemand, le français, l'espagnol, le coréen et l'indonésien). La question des langues est récurrente dans les sessions de travail en raison des problèmes non pas tant de compréhension entre les délégués, mais de traduction. Dans une assemblée où la question de la justice est transversale, il s'agit de respecter toutes les langues et les minorités.

A Pentecôte, à Jérusalem, la langue dominante est la langue de l'occupation romaine, le latin. Mitri Raheb voit en Jérusalem le modèle de la diversité. Les différentes personnes présentes à Pentecôte ne parlent pas la langue de l'empire romain, elles reçoivent par l'esprit le message de l’Évangile dans leur langue maternelle. L'Esprit nous parle dans la langue dans laquelle nous rêvons, non pas dans la langue dominante. Ce texte nous parle particulièrement cette année du 500ème anniversaire de la Réforme. Lefèvres d'Etaples, Martin Luther n'ont fait qu'incarner ce texte en traduisant les Écritures dans la langue de leurs contemporains. Et aujourd'hui la Bible est  traduite en 543 langues dans le monde (la traduction en alsacien étant a priori la 543ème). Dans l'histoire de la Pentecôte, nous observons que les identités multiples sont une force, un trésor que nous devons conserver, c'est l'unité dans la diversité. A Jérusalem, les personnes de plusieurs communautés différentes reçoivent la promesse de l'Esprit avec leur diversité . Avec cette diversité, nous sommes exhortés à écrire notre propre théologie sachant qu'elle ne sera pas meilleure qu'une autre mais qu'elle aura le même statut, nous serons alors en communion.

Les diversités sont évidentes dans le contexte de la CMER, mais entendre ces diversités comme une force nous fera entrer dans une dynamique de communion. Indéniablement, nous avons besoin d'être édifié en début de journée !

Régine Lehner

vendredi 30 juin 2017

Début de l'assemblée

Salle plénière de l'Assemblée de la CMER (c) M Voorwinden
Ce matin l’Assemblée Générale de la Communion Mondiale d’Églises Réformées a commencé à Leipzig (Allemagne). Presque 1.000 personnes ont été invitées. Parmi elles la plupart sont des délégués des Églises membres. Pour la France, deux personnes représentent l’Église d’Alsace et de Lorraine, deux autres représentent l’UNEPREF et moi-même l’EPUdF, la deuxième déléguée EPUdF étant empêchée.

Parmi les participants de l’AG il y a aussi des représentants d’Églises non-réformées et les étudiants du Global Institute of Theology (GIT). Les participants du GIT (auquel j'ai moi-même assisté en 2014) sont des étudiants en théologie ou des jeunes pasteurs. Ils sont déjà en Allemagne (Wuppertal) depuis trois semaines pour étudier et partager dans un contexte mondial comment la théologie et le ministère se vivent dans leurs contextes locaux différents et pour apprendre l’un de l’autre.

En outre des délégués et invités il y a 75 « stewards », au travail du matin au soir pour mener à bien l’organisation de ce grand événement. L’un d’eux, Quentin, est français, étudiant en théologie à Montpellier ayant passé deux semestre d’étude à l’université de Leipzig dans le cadre d’une échange.
Quelques stewards (c) CMER/WCRC

Les dernières personnes présentes que j’aimerais nommer sont les interprètes. Pendant l’AG, les interventions – des moments de cultes aux réactions aux différentes contributions – se font en 6 langues, une langue parlée (majoritairement l’anglais), interprétée en direct dans les 5 autres langues officielles ou soutenues par la CMER : anglais, français, allemand, espagnol, coréen et indonésien. Ayant entendu tant de langues pendant toute la journée, je ne me rends plus compte dans laquelle je parle moi-même à un moment donné (pourtant, je me suis bien assurée que je suis en train de vous écrire en français actuellement).

Des 243 Églises membres de la CMER, venant de 108 pays, ce matin 126 étaient déjà représentées. D’autres délégués doivent arriver un peu plus tard. Certains ne peuvent pas nous rejoindre, n’ayant pas pu obtenir un visa (dans les délais).

Le refus de visa est une question récurrente pour ce genre de manifestations, peu importe dans quel pays l’événement a lieu. Cela défavorise un certain nombre d’Églises membres, et chaque fois les mêmes, qui se retrouvent dans l’impossibilité de participer aux assemblées. Un état de fait difficilement acceptable pour une organisation qui met tant d’accent sur la justice de tout genre...

Marlies Voorwinden