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jeudi 6 juillet 2017

En quelle langue l'Esprit parle-t-il ?

Bible ouverte lors des études bibliques (c) R Lehner
Nous voici déjà à la veille de notre départ de Leipzig. Après une journée à Wittenberg, nous avons une journée de travail à la « Messe » de Leipzig. Le matin, rév. Dr. Mitri Raheb (pasteur luthérien en Palestine, président de Dar Al-Kalima) a introduit la journée avec une étude biblique sur le texte de Pentecôte, en Actes 2. Au sein de la Communion Mondiale des Églises Réformées, quelques soixante dix langues sont parlées et nous avons six langues officielles (l'anglais, l'allemand, le français, l'espagnol, le coréen et l'indonésien). La question des langues est récurrente dans les sessions de travail en raison des problèmes non pas tant de compréhension entre les délégués, mais de traduction. Dans une assemblée où la question de la justice est transversale, il s'agit de respecter toutes les langues et les minorités.

A Pentecôte, à Jérusalem, la langue dominante est la langue de l'occupation romaine, le latin. Mitri Raheb voit en Jérusalem le modèle de la diversité. Les différentes personnes présentes à Pentecôte ne parlent pas la langue de l'empire romain, elles reçoivent par l'esprit le message de l’Évangile dans leur langue maternelle. L'Esprit nous parle dans la langue dans laquelle nous rêvons, non pas dans la langue dominante. Ce texte nous parle particulièrement cette année du 500ème anniversaire de la Réforme. Lefèvres d'Etaples, Martin Luther n'ont fait qu'incarner ce texte en traduisant les Écritures dans la langue de leurs contemporains. Et aujourd'hui la Bible est  traduite en 543 langues dans le monde (la traduction en alsacien étant a priori la 543ème). Dans l'histoire de la Pentecôte, nous observons que les identités multiples sont une force, un trésor que nous devons conserver, c'est l'unité dans la diversité. A Jérusalem, les personnes de plusieurs communautés différentes reçoivent la promesse de l'Esprit avec leur diversité . Avec cette diversité, nous sommes exhortés à écrire notre propre théologie sachant qu'elle ne sera pas meilleure qu'une autre mais qu'elle aura le même statut, nous serons alors en communion.

Les diversités sont évidentes dans le contexte de la CMER, mais entendre ces diversités comme une force nous fera entrer dans une dynamique de communion. Indéniablement, nous avons besoin d'être édifié en début de journée !

Régine Lehner

samedi 1 juillet 2017

Être réformé

En disant « Je suis réformé(e) » que disons-nous ? Est-ce que cela veut dire que nous allons au temple réformé plutôt qu’à l’Église ? Est-ce que cela veut dire avant tout que nous sommes chrétiens et cela tout particulièrement selon une certaine tradition ? Que fêtons-nous en fêtant les 500 ans de la Réforme ?

Jerry Pillay, président CMER. (c) M.Voorwinden
Voici quelques paragraphes de la prédication lors du culte solennel d’ouverture. Ce message a été apporté par Jerry Pillay, président de la CMER (traduction de l’anglais): 

[...] En cette 500e année de la Réforme, nous avons choisi comme thème de l'Assemblée générale : « Dieu vivant, renouvelle et transforme-nous ». Ce thème est une prière offerte à Dieu qui est actif et vivant parmi nous, ni indifférent ni lointain, ni image ni idole. C’est une reconnaissance et une acceptation que nous allons mettre notre foi et notre confiance dans un Dieu de foi, d’amour et de compassion, qui se préoccupe de la terre et des personnes, des choses vivantes et non vivantes. Comme le prophète Michée (4,1-5) nous devons choisir de « marcher avec Dieu » en toute chose et en tout temps. Mais je dois vous prévenir que la décision de « marcher avec Dieu » est dangereuse. Quand nous choisissons consciemment de faire cela, nous réalisons à quel point nous sommes différents des pensées, des volontés et des désirs de Dieu. Par contre, la prière du thème est que Dieu va nous renouveler et nous transformer. Le « nous » ici réfère à l’Église, au monde et aux individus. La Réforme du 16e siècle a été un appel au renouveau et à la réforme de l’Église. La réforme de l’Église n’a pas seulement changé l’Église mais la société dans son ensemble. Maintenant, 500 ans plus tard, nous sommes appelés à faire de même, de renouveler et de transformer à la foi notre Église et le monde. […]
Assemblée de la CMER (c) M. Voorwinden

L’Église d’aujourd’hui, face à de nombreux défis contextuels, a besoin de renouveau et de transformation dans sa mission. L’Église a besoin de renouveau dans son engagement à l’unité chrétienne et la koinonia pour pouvoir avoir du caractère, de la crédibilité et de l’intégrité dans son message et son témoignage. L’Église a besoin de renouveau et d’engagement pour la justice ; être où Dieu se trouve pour défendre les droits des pauvres et des opprimés du monde, quelque chose que la CMER a toujours dite en promulguant les Déclarations de Belhar et d’Accra et en nous appelant à être des Églises qui recherchent l’unité et la justice. l’Église a besoin de renouveau et de transformation dans ses interprétations théologiques à la lumière des réalités contextuelles du monde. Nous devons demander : « Comment l’Église réformée se reforme-t-elle toujours ? » Nos croyances théologiques promeuvent-elles la vie et l’inclusivité ? Albert Einstein a demandé à sa secrétaire de taper des questions pour ses étudiants. Elle a demandé pourquoi il répétait toujours les mêmes questions. Il a répondu : « Parce que j’ai des nouvelles réponses. » Comment mettons-nous « du vin nouveau dans de vielles outres ? » L’Église a besoin de renouveau dans ses partenariats œcuméniques et ses engagements interreligieux pour confronter le monde avec d’autres. […]
Alors que nous nous souvenons du passé, étudions le présent et adoptons une vision pour l’avenir nous devons faire une pause en tant que CMER et nous demander « Quelles sont les nouvelles choses que Dieu nous demande de faire nôtres ? Notre échec à nous poser et à répondre à cette question dans les jours qui viennent serait une occasion manquée d’aller au bout des nouvelles choses que Dieu veut faire en nous, avec nous et par nous. Les disciples ont répondu à l’appel à suivre Jésus. Ils ont laissé leurs filets et l’ont suivi. Qu’allons-nous laisser derrière pour suivre Jésus aujourd’hui ? Suivre Jésus n’est pas une tâche facile et c’est pourquoi nous avons besoin de la présence et de la puissance de l’Esprit de Dieu pour nous renouveler et nous transformer afin d’être le peuple de Dieu qui œuvre selon son dessein.
Est-ce que c’est notre joie ? Que notre prière soit : « Dieu vivant, renouvelle et transforme-nous, mais commence par MOI».

M.Voorwinden

lundi 19 juin 2017

Mon bilan de l'Assemblée de la FLM

Il y a un mois, je revenais de Namibie, où j'avais prié, discuté, mangé, pleuré et rit avec 800 autres personnes venues à Windhoek pour l'assemblée générale de la Fédération luthérienne mondiale. Un mois après, voici le bilan que j'en tire :

Une Communion universelle 
(c) FLM
Ce fut une belle assemblée ! Marquante par l’expérience de la diversité : diversité des costumes, des langues, des points de vue et des préoccupations. Marquante aussi par l’Esprit de communion : un esprit fraternel entre les participants (on retrouve cela dans d’autres assemblées), un vrai respect mutuel dans le traitement des tensions entre Églises (le secrétaire général y est très attentif), mais aussi une communion partagée au repas du Seigneur, ce qui est une grande différence avec les assemblées du COE par exemple. Je dois avouer que pour moi, cela a fait partie des temps les plus forts de l’assemblée. Marquante enfin par l'occasion offerte de fêter les 500 ans de la Réforme, partie de Wittenberg (ou en tout cas d'Europe) et présente désormais dans le monde entier.

Une institution solide, mais avec des fragilités  
La Fédération luthérienne mondiale est connue et reconnue pour la qualité de son travail et la force de son réseau. Aussi n’a-t-elle pas de mal à trouver des financements, ecclésiaux comme publics, en particulier pour son département « World Service », qui s’occupe de l’action humanitaire de la FLM (aide d’urgence et développement). Cela s’est vu en particulier par le doublement de son budget sur les 7 dernières années. Mais l’augmentation de ces rentrées d’argent entraine ce que j’analyse comme une hypertrophie du « World Service » dans l’organisation générale de la FLM, passant de 84% en 2010 à 93% en 2016 du budget total

(c) FLM
Cela pose question tout d’abord en termes de stratégie : la FLM est-elle en train de devenir une ONG confessionnelle ? Pour l’instant, l’attention à la communion entre Églises, à la théologie, à l’accompagnement des Églises membres est une priorité du secrétaire général et du nouveau président (comme de l'ancien), ce qui permet de ne pas trop sentir cette hypertrophie dans la vie de la FLM, mais il ne faudrait pas qu’un prochain secrétaire général ait un profil plus de « gestionnaire », sinon le déséquilibre risque de se faire sentir rapidement…

Cela pose également la question de la pérennité de ces recettes : 44% des recettes de la FLM viennent de l’ONU et de l’aide au développement de quelques pays (nordiques, Allemagne). Avec la sécularisation de ces pays, jusqu'à quand ces populations civiles accepteront-elles que leur aide au développement passe par des organisations confessionnelles ? Et une bonne partie du reste vient des Églises de ces pays, financées par l’impôt. Avec la baisse de la pratique religieuse, il faut s’attendre à terme à une baisse de cette source de revenus. Cela se traduit déjà sur le budget du Département Mission et Développement, celui qui soutient la formation, la bonne gouvernance et la participation de tous dans les Églises, dont le budget évolue à la baisse constamment depuis 2011…
 
Une belle profondeur théologique, mais quelques questionnements 
(c) FLM
Le choix d’avoir un département « Théologie et témoignage public » – complémentaire de l’Institut œcuménique de Strasbourg qui s’occupe, lui, de recherche théologique et œcuménique - me semble être une grande force de la FLM, pour toujours remettre au cœur de son action ses convictions théologiques et pour toujours articuler ses actions de plaidoyer au message de l’Évangile, tout en travaillant aussi l’esprit de communion entre Églises membres. C’est justement au nom de l’Évangile que la FLM est présente sur le terrain, et non au nom d’un humanisme diffus. Cela a été réaffirmé par le secrétaire général, Martin Junge, dans son message. Il a en particulier souligné le travail sur l’Église dans l’Espace public, le travail d’herméneutique biblique mené en commun , mais aussi le « processus d’Emmaüs » invitant les Églises à cheminer ensemble sur la question de l’homosexualité.

J’ai parfois été un peu surprise, voire agacée par l’articulation entre salut par grâce et vocation humanitaire qui était parfois faite par certains intervenants comme si elle était automatique : Je suis libéré et sauvé par grâce… pour aller sauver, physiquement, d’autres humains. Une jeune intervenante est d’ailleurs venue questionner cette articulation en demandant : vous dites qu’on ne peut vendre ni acheter le salut, mais pouvez-vous « l’apporter » aux autres ? Quelqu’un d’autre soulignait tout ce qui avait été fait au nom de ce salut, apporté gratuitement mais au prix de la dévalorisation de la culture d’origine des peuples à qui les missionnaires s’adressaient.

Une politique de représentativité assumée
(c) FLM
Un autre point saillant de l’assemblée a été la stratégie très proactive de la FLM pour mettre en avant la participation des groupes à qui on donne traditionnellement moins la possibilité de s’exprimer dans les sociétés comme, parfois, dans les Églises : les jeunes, les femmes, les minorités, les personnes handicapées… Elle est également attentive à la représentativité géographique, l’équilibre Églises minoritaires/majoritaires, etc. Contrairement au Conseil œcuménique des Églises, où cette stratégie est parfois critiquée ouvertement, elle semble tout à fait intégrée comme une règle inhérente à la FLM, y compris par rapport aux quotas qu’elle établit dans la composition des différentes instances.

Sur le terrain, des défis
(c) FLM
Cette assemblée a été une occasion de prendre le « pouls de la planète » : mouvements migratoires, changements climatiques, violences faites aux femmes, explosion des inégalités, etc. Trois points ont été particulièrement mis en avant : les inégalités sont de plus en plus cruelles, en particulier pour les groupes déjà vulnérables (femmes, enfants, personnes handicapées et âgées, minorités) ; chômage de masse et précarité touchent désormais les jeunes y compris dans les pays dits développés, ce qui hypothèque leur avenir et donc celui de ces pays ; les droits les plus élémentaires des migrants, quel que soit la cause de leur déplacement, sont de plus en plus remis en cause. Face à ce dernier constat, la FLM réaffirme que « les réfugiés peuvent perdre bien des choses dans leur fuite, mais ils ne perdent jamais leurs droits humains ».

Pour conclure, je dirais que la Fédération luthérienne mondiale a donné durant cette assemblée l’image d’une belle communion et d’une organisation qui fait un travail de qualité, reconnu et apprécié, solidement ancré dans un réseau de coopérations avec d’autres, qui prend soin de la communion entre ses Églises membres et a une vraie profondeur dans sa réflexion théologique. Mais se dessinait aussi à l’horizon l’image d’une organisation qui risque de basculer dans une fuite en avant trompeuse si elle continue à laisser se développer de façon déséquilibrée son département chargé de l’humanitaire sans chercher à développer aussi le travail – et la recherche de fonds – de ses autres départements.

Claire Sixt Gateuille

lundi 5 juin 2017

Présentation de la CMER

Voilà, l'Assemblée générale de la Fédération luthérienne mondiale est finie. Vous aurez encore des retours la concernant (nous pourrons en particulier faire un premier bilan de cette aventure). Mais déjà, se dessine la perspective de l'assemblée de la Communion mondiale des Églises réformées, dans un mois.

Présentation de la CMER
Chris Ferguson, secrétaire général de la CMER
La Communion mondiale des Eglises réformées (CMER) est issue de l’union en 2010 de l’Alliance mondiale réformée (qui a ses origines en 1875) et du Conseil œcuménique réformé (fondé en 1946). Composée de 225 Eglises, elle représente quelques 80 millions de protestants dans le monde. Elle est portée par une structure assez légère, avec un secrétariat général de moins de 10 personnes (à comparer aux 73 membres de l'équipe de la FLM rien qu'à Genève). C'est une organisation qui a peu de moyens humains et financiers, mais qui est riche de son fonctionnement en réseau.

C’est l’organisation confessionnelle qui compte le plus d’Eglises unies en son sein. Certaines sont issues d'unions entre réformés et presbytériens, ou presbytériens et congrégationalistes, donc tous de théologie réformée mais avec des différences d'ecclésiologie (c'est-à-dire de conception et d'organisation de l’Église). D'autres sont issues d'unions entre branches confessionnelles différentes, les plus répandues étant les unions luthéro-réformées ; mais on trouve aussi des Églises unissant en leur sein des branches réformée, baptiste, anglicane, etc. comme dans l'Eglise d'Inde du Sud.

Le travail de la CMER
Le slogan de la CMER est « Appelés à la communion, engagés pour la justice ». Le travail de la CMER s’articule autour de 4 axes :
-    Unité ecclésiale (faire vivre la communion entre ses Églises et être un acteur des dialogues œcuméniques)
-    Mission, en particulier le travail de plaidoyer et l’action en faveur de la Justice
-    Réflexion et formation théologiques
-   Renouveau de l’Église, en particulier par la formation des cadres de ses Églises membres, en valorisant la formation des jeunes et des femmes.

(c) COE 2013
Depuis quatre ans que je suis chargée des relations internationales de l’Église protestante unie, je me suis aperçue que le mot Justice sert de leitmotiv dans les publications et les activités de la CMER. Un des moments forts de ces 20 dernières années a été l’adoption en 2004 de la « Confession d’Accra », en réalité un « engagement de foi » qui dénonce les effets désastreux du néolibéralisme économique sur la vie des populations les plus pauvres de la planète et sur les milieux naturels. La globalisation néolibérale y est dénoncée comme une idole, devenant un "Empire" (voir mon article sur le mot Empire) par le système de domination qu'elle implique. Contre cette idole, l'AG de l'Alliance réformée mondiale de 2004 affirmait que "la justice économique au niveau mondial est un élément essentiel pour l'intégrité de notre foi en Dieu et pour notre qualité de disciples en tant que chrétiens. Nous croyons que l'intégrité de notre foi est en jeu si nous gardons le silence ou si nous refusons d'agir face au système actuel de la mondialisation économique néolibérale".

L’assemblée générale de la CMER
Le fait que l'assemblée générale puisse se tenir cette année est en soi un petit miracle. La CMER a traversé ces trois dernières années un déménagement de Genève à Hanovre, un changement de secrétaire général et d'une grande partie de son équipe et des problèmes de cohésion au sein de la nouvelle équipe... Mais tout le monde a redoublé d'efforts pour que cette assemblée se déroule le mieux possible. 

Elle aura donc lieu du 29 juin au 7 juillet, à Leipzig, sur le thème : « Dieu vivant, renouvelle et transforme-nous ». C'est un thème assez classique quand on connaît les thématiques des grandes organisations chrétiennes internationales. Les principaux efforts ont porté sur la méthodologie mise en oeuvre, pour permettre à tous les délégués de participer à l’élaboration du programme d’action de la CMER pour les 7 ans à venir, par le travail en petits groupes et l’effort de traductions (6 langues officielles).

Les temps forts prévus sont l'association de la CMER à la déclaration sur la doctrine de la Justification, signée en 1999 entre la Fédération luthérienne mondiale et l'Eglise catholique, qui aura lieu à Wittenberg, le 5 juillet, et un déplacement à Berlin où l'assemblée participera à un culte diffusé en direct à la télévision et sera reçue par le ministère allemand des affaires étrangères, le 2 juillet.  

Claire Sixt Gateuille

mercredi 17 mai 2017

Être Steward à l'assemblée





Notre séjour en Namibie touche à sa fin et je prend le vol du retour dans quelques heures. Je ne vais pas faire un bilan ici de ce que j'ai vécu pendant la pré-assemblée mais aussi l'assemblée en elle-même. J'ai encore beaucoup de choses à vous raconter avant cela.

Pendant notre séjour à Windhoek et pendant l'assemblée, j'ai fait parti de l'équipe des stewards. Nous sommes trente jeunes à avoir été sélectionné par la FLM pour assister les différentes équipes techniques durant toute la semaine. A cela s'ajoute le même nombre de Core Volunteer, pour la plupart étudiant au séminaire luthérien à Windhoek qui nous ont rejoins pour compléter l'équipe.

Lorsque nous étions à Ondangwa, nous avons eu des « temps de préparation » qui ont principalement consisté à faire des petits jeux pour apprendre à se connaître et construire un esprit d'équipe. Une fois arrivé au Safari hotel, nous avons eu une réunion d'information pour rencontrer nos responsables d'équipes et le lieux où nous allions évoluer.

Il y avait plusieurs équipes de travail : Espace et management, qui s'occupait de gérer les salles en fonctions des activités, guidait les gens au bon endroit etc . Social média, qui a permis la bonne communication à l'extérieur de l'assemblée et qui vous permet de suivre le tout depuis les réseaux sociaux. Worship, qui a géré toutes les prières quotidiennes ainsi que la grande célébration de dimanche. Registration, qui s'occupait d'accueillir les participants leur donnant tout les documents nécessaires pour participer durant l'assemblée. It et communication, qui s'occupait des aspects techniques comme fixer un problème d'ordinateur capricieux. Documentation, pour copier dans les 4 langues officielles et s'assurer que chacun à reçu les bons documents au bon moment. Et la Plenary team, qui gérait tout les temps en plénière que ce soit avec les gardiens des portes, distribuer les documents, réguler les micros et intervenants etc.
Pour ma part, j'étais donc en charge de la documentation avec Iris. Nous étions supposé être 4 mais avons finalement été 3. J'ai travaillé avec Fabian qui vient de Munich et Lena qui est étudiante à Windhoek. En soit notre travail n'était pas forcément des plus passionnants au départ, mais c'était sans compter sur l'aide impromptu des photocopieuses capricieuses... La question quotidienne a vite été, quelle machine est en état de marche et disponible ? Nous pouvions n'avoir rien à faire pendant deux heures et soudainement 350 copies de 10 pages à imprimer dans les 30 minutes. Même si c'était le travail d'Iris, on a souvent été impliqué dans la vérification des traductions et autres afin d'être le plus efficace possible.

profiter du temps libre pour écrire un article!
En gros, pendant cette semaine j'ai beaucoup agrafé, perforé, et imprimé toutes sortes de documents mais pas que, j'ai eu l'occasion d'emballé des cadeaux (pour les invités oecuméniques entre autres) et donc d'usé de mes talents créatifs pour cela. Même si ce n'était pas forcément passionnant de prime abord, je pense que l'ambiance dans le bureau et les différents partages que l'on a pu avoir les uns avec les autres à contribué à rendre chaque jour un peu unique et joyeux. Et je ne regrette pas d'avoir été assignée à cette tache ! Surtout qu'aujourd'hui, j'agrafe plus vite que mon ombre !










Merci à Johanne Céline des Philippines pour ses merveilleuses photos!

dimanche 14 mai 2017

Célébration des 500 ans de la Réforme

La procession (c) CSG
Aujourd'hui, c'était la grande fête ! Une explosion de rythmes, de couleurs, de joie et de reconnaissance. 

Nous nous sommes levés très tôt pour être à 7h15 devant les bus. Une heure plus tard, nos sacs fouillés et nos corps scannés au détecteur de métaux, nous pouvons enfin partir pour le stade Sam Nujoma, où nous arrivons vers 9h. Là, nous attendent déjà de nombreuses chorales. Certaines sont venues d'Afrique du Sud, du Botswana, ont parfois fait 24h de bus pour se réjouir avec nous. Car cette célébration des 500 ans de la Réforme, c'est un événement exceptionnel ici. Chacun - et surtout chacune - a mis sa plus belle tenue, son costume traditionnel le plus élaboré, pour honorer Dieu en ce jour. Les pasteur(e)s ont été priés de se mettre "en tenue", mais pas en habit liturgique (sauf les célébrants). 

La célébration commence à 10h. Nous sommes bien placés, la procession passe devant nous. Procession, chorales locales et chœur de l'assemblée, salutations, prières, chants, lectures bibliques, Cène, envois et bénédiction vont se succéder pendant quatre heures... Les pique-nique nous sont distribués après la communion, lors que le culte n'est pas fini... peut-être pour rappeler que la Cène était un repas... 

Il a fait chaud, malgré les tentes installées pour nous protéger du soleil. Mais toujours, un peu d'air frais venait nous rafraichir au bon moment. Quand nous commencions à ressentir la soif, on nous distribuait des bouteilles d'eau. Quand on commençait à sentir la lassitude, un chant entrainant nous réveillait de notre torpeur. Je dois avouer que je pensais trouver ces 4 heures beaucoup plus longues ! 

Après ce culte marathon, il est prévu d'enchainer avec la "célébration", 1h30 de fête à l'africaine, avec chorales, danses, etc. Mais il faut bien l'avouer, nous - délégués français - n'en pouvons plus. Cela fait 5 jours que nous vivons des journées marathon, et si l'on veut contribuer à ce blog, il faut attendre que la connexion soit meilleure parce que moins de gens sont connectés, et donc attendre le soir tard ou le matin tôt... Aussi nous décidons d'appeler un taxi. On nous demande de ne prendre que la compagnie "sécurisée" avec laquelle a été passé un arrangement. Nous appelons, et montons dans le mini-bus de cette compagnie qui arrive, avant de découvrir qu'en fait, il était prévu au départ pour les représentants oecuméniques... Il y a de la place pour tout le monde, Christian Albecker se retrouve voisin du Cardinal Kurt Koch qui lui donne des nouvelles du pape.  

Nous rentrons donc (enfin) à l'hôtel vers 15h20, et savourons un peu de temps libre et une bonne bière. Un petit tour à la piscine achève de détendre ceux d'entre nous qui bravent l'eau froide. Un petit tour sur le blog ou sur leur messagerie pour ceux qui en ont le courage. 
Demain, le marathon reprend. 

Claire Sixt Gateuille

jeudi 11 mai 2017

Premier jour

Comité d’accueil…
L’assemblée a commencé hier à 8h du matin : pas le temps de récupérer un voyage…
A l’arrivée, on nous a demandé de nous mettre en lignes, une pour les femmes, une autre pour les hommes, avec deux entrées séparées. J’ai d’abord eu peur qu’il soit dans la culture locale d’avoir des assemblées séparées avec les femmes d’un côté et les hommes de l’autre. Mais nous, c’était pour les contrôles de sécurité, contrôles dont nous n’étions pas prévenus…

Ceux qui me connaissent savent que j’ai besoin de m’occuper les mains pendant ce type de conférence, les synodes, etc. pour m’aider à rester concentrée sur les débats. Tout y passe : tricot, crochet, broderie, coloriage, etc. J’avais eu la bonne idée d’amener mon crochet cette fois-ci, et pas le tricot… mes aiguilles auraient été considérées comme des armes potentielles et confisquées pour la journée. On m’a tout de même retiré mes ciseaux de couture.

Culte et plénières
Passé le désagrément de la file d’attente et de la fouille pour entrer dans la tente liturgique, ce premier culte a été un très beau moment. A la beauté visuelle des symboles, à la beauté musicale des chants, à la profondeur du sentiment de communion que l’on expérimente dans ces grandes célébrations multiculturelles et très bien réglées (les intervenants les répètent systématiquement avant), c’est ajouté la joie de pouvoir communier ensemble. Quelle différence avec les célébrations auxquelles j’étais habituée au Conseil œcuménique des Eglises ou à la Conférence européenne des Eglises ! Je ne pensais pas en tirer une telle joie intérieure…

Nous sommes ensuite entrés dans la grande salle de plénière, un immense hall de conférence avec 110 tables devant pour les délégués (3 par table), et 11 rangs supplémentaires de chaises pour les autres participants. Nous avons pris un temps pour nous familiariser avec les appareils de vote et avons entendu le message – assez politique – du président, l’évêque Munib Younan. Entre les deux, nous avons eu la désagréable surprise de découvrir que nous ne pouvions pas aller dehors sans avoir à repasser par les contrôles de sécurité… ou comment avoir l’impression d’être des poissons dans un bocal.
(c) LWF
Messages des pré-assemblées
L’après-midi, les deux pré-assemblées nous ont présenté leur message. Les femmes ont interpelé les délégués sur les discriminations dont elles sont encore trop souvent les victimes dans l’Eglise, et appelant à être reconnues à leur juste valeur. Les jeunes, eux, se sont engagés pour l’avenir. L’avenir qu’ils veulent dessiner pour la FLM se base sur trois mots : Réveil, équité, Justice. Ils se sont dits prêts et motivés pour s’engager dans les Eglises, et à s’impliquer dans leur travail diaconal, à leur apporter changement et ouverture, en les interpellant : y êtes-vous prêts ? 

Réception
Cérémonie en présence du président namibien (c) LWF
Nous avons fini la journée par une réception donnée par le gouvernement, avec encore des mesures de sécurité : vérification d’accréditation + d’invitation + fouille…. Et les temps d’attente que ce genre de dispositif exige pour 800 personnes… la réception a donc commencé 2h après que nous ayons quitté le centre de conférence, et le repas a été servi 2h après le début de la réception. De quoi éprouver notre patience.

J’ai gouté un plat traditionnel namibien : des tripes ! C’était bon (quand on aime les tripes), assez proche des « à la mode de Caen » en plus assaisonné. Après la cérémonie, le ballet des cars pour nous ramener aux hôtels a été vraiment chaotique. Une seule personne s’occupait de nous dire quel bus allait où, les bus arrivaient au compte-goutte, les gens se jetaient dessus pour arriver à monter dedans, empêchaient les voitures de sortir, ce qui empêchait d’autres bus de rentrer sur le parking… A la fin, 5 bus sont arrivés en même temps, bloquant la sortie d’autres bus déjà pleins… Tout cela dans des vapeurs de gasoil difficilement respirables car les filtres à particule ne sont visiblement pas la norme ici. Et lorsque tout le monde a été monté dans les bus, il en restait 3 vides, car les premiers bus étaient partis en surcapacité !
Bref, une journée bien remplie, avec des temps forts et des longueurs, ce qui est inhérent à ce genre d’événement.  
Claire Sixt Gateuille

vendredi 5 mai 2017

Valise bouclée !

Et voilà, ma valise est bouclée, je vais quitter la maison dans une demi-heure et m'envoler pour Windhoek depuis Strasbourg, via Amsterdam. J'ai un peu le trac, c'est la première fois que je pars si longtemps et si loin. La première fois que je vais poser les pieds en Afrique. Je m'appelle Patricia Rohner-Hégé, je suis une des trois délégués de l'UEPAL, l'Union des Eglises protestantes d'Alsace et de Lorraine (vous savez, cette si belle région française tout à l'Est, derrière la ligne bleue des Vosges !)

 Professionnellement, je suis responsable de la médiathèque protestante de Strasbourg, une bibliothèque créée au XVIe siècle pour que les étudiants en théologie pauvres aient accès gratuitement aux livres, et qui est devenue au fil des siècles une bibliothèque "moderne" au service des étudiants et des paroisses. En parallèle, et bénévolement, je suis aussi vice-présidente de l'UEPAL, et c'est à ce titre que je vais à Windhoek avec Christian Albecker, le président de l'UEPAL, et Pascal Hetzel, inspecteur ecclésiastique de l'inspection de Dorlisheim (secteur à l'ouest de Strasbourg).

Un des objectifs de cette assemblée, répète régulièrement le secrétaire général, Martin Junge, c'est de célébrer Dieu ensemble et d'approfondir notre communion fraternelle. Il y aura trois temps d'office, de méditation et de prière chaque jour. Le matin, à midi et le soir. Nous serons 350 délégués environ, et 800 en tout si on compte les observateurs, les experts, les invités œcuméniques et tout le staff. Nous viendrons des 5 continents et représenterons 145 Églises ou unions d’Églises. Je trouve ça impressionnant. J'aurai la chance de rencontrer des chrétiens de sensibilités et de cultures différentes, et nous pourrons prier et chanter ensemble, malgré nos différences, nos différends sans doute aussi.

L'Assemblée à proprement parler débute mercredi. Mais dès demain matin, je rejoindrai la pré-assemblée des femmes pour 3 jours de rencontre et de travail en vue de préparer contributions et messages pour l'Assemblée. La Fédération luthérienne mondiale insiste depuis longtemps sur la parité : chaque délégation doit comprendre 40 % d'hommes, 40 % de femmes et 20 % de jeunes de moins de 30 ans. La parole des femmes, leur travail, leurs préoccupations, sont mis sur le même plan que ceux des hommes.

A bientôt ! Je reviendrai vers vous pour partager ce que je vais vivre et qui me semble important pour nos Eglises d'Europe, pour l'UEPAL et l'EPUdF.

Patricia RH

Présentation de Jean-Frédéric Patrzynski

C'est la première fois que je suis appelé à participer à une assemblée générale de la FLM. Depuis 2011, je suis inspecteur ecclésiastique de Paris de la région luthérienne de l'EPUdF.
C'est une joie de pouvoir me retrouver avec toute la famille luthérienne mondiale ; et ainsi découvrir la diversité vécue dans cette communion.

J'attends de cette rencontre de partager avec mes sœurs et mes frères la parole de Dieu, leurs interrogations, leurs difficultés et leurs joies.
Je suis aussi heureux de pouvoir me trouver dans ce pays qui a vécu son indépendance en 1990 soutenu par les Églises luthériennes.