mardi 16 mai 2017

Temps de prière et de Sainte Cène

Danseuses pendant un temps de prière du matin
Comme dans toute assemblée, nous entendons des rapports, des exposés divers et variés. Mais ce qui est, peut-être, le plus important, est la place que tient la prière. Le matin, à midi, le soir et au début de chaque réunion du groupe village pendant laquelle nous discutons du thème du jour.

Les prières du matin et du soir nous font vivre des liturgies qui peuvent, parfois, nous étonner tant il y a, à la fois, de solennité et de simplicité. La Parole de Dieu est lue mais aussi jouée comme une pièce de théâtre ou dansée. Ainsi, ce ne sont pas seulement nos oreilles qui sont mises à contribution, nos yeux le sont également. Cela nous permet de méditer autrement la Parole de notre Seigneur.

Et que dire des liturgies de Sainte Cène !  A Paris, dans l'Inspection luthérienne, nous sommes attachés à une forme liturgique rigoureuse qui ne laisse pas toujours la place à l'imprévu. Là, à Windhoek, pendant l'assemblée, je découvre que la liturgie luthérienne portée par la Fédération n'est pas sclérosée mais qu'elle se vit dans une vraie liberté. Certes, les éléments essentiels sont là : épiclèse, anamnèse, paroles d'institution mais pas toujours à la même place.

(c) LWF/FLM
Pendant cette assemblée, je découvre que mon expression de foi liturgique est multiple et diverse et qu'il ne m'est pas possible de l'emprisonner dans telle ou telle forme. Je ne peux pas dire : cela est vraiment luthérien et cela non.

Tout cela me rappelle que le Réformateur nous invite à être libres par rapport aux formes liturgiques car l'essentiel est que lorsque la communauté se rassemble, elle puisse entendre la proclamation de la Parole de Dieu qui nous rappelle que nous sommes libérés par la grâce. Ne soyons donc pas prisonniers de formes liturgiques que nous dirions vraies parce que nous les vivons depuis de nombreuses générations !

Jean-Frédéric Patrzynski

Sers-toi de tes talents !

Un stand de l'Omatala (c) LWF
Parmi les choses proposées à l'assemblée, il y a l'Omatala. Littéralement "place du village" en langue locale, il est composé d'un lieu - une grande tente sous laquelle on trouve des stands - et de temps : 3 créneaux de 15h à 16h30, où l'on peut soit faire le tour des stands, soit participer à un atelier.
  
"Sers-toi de tes talents", c'est le nom de l'atelier auquel j'ai participé vendredi. Cet atelier ("Workshop" en anglais) était organisé par la NMS, une société des mission norvégiennes, qui soutient plusieurs projets d'évangélisation et d'animation jeunesse dans notre Eglise. 

"Sers-toi de tes talents", c'est le nom d'un processus de formation réciproque, d'abord mis en place dans l’Église luthérienne à Madagascar, et ensuite théorisée et "exportée" dans d'autres contextes, en particulier africains. L'idée est de financer la formation d'une personne motivée, dans un domaine utile à toute la communauté, pour qu'ensuite cette personne mette en œuvre ce qu'elle a appris dans son lieu de vie, et qu'elle forme d'autres personnes à ce qu'elle a appris. Cela peut être pour apprendre une nouvelle méthode de culture, ou des techniques de construction, ou de la théologie, etc. L'idée est aussi de valoriser les capacités et les connaissances des membres de la communauté et de les encourager à les partager avec d'autres. On peut avoir plusieurs membres qui se forment en même temps dans des domaines très différents, et qui se font réciproquement bénéficier de leurs formations ensuite. Cette méthode a produit des résultats visibles, tant en terme de résultats concrets qu'en termes d'estime de soi des membres de la communauté. La NMS réfléchit maintenant à comment proposer cette méthode aux Églises en Europe, où elle pourrait ouvrir des pistes prometteuses.

Autre atelier sur une campagne du COE en faveur du dépistage du Sida
J'ai vraiment trouvé cette idée très intéressante pour nous, pour nos formations de prédicateurs laïcs, de catéchètes, ou toutes autres formations qui pourraient nous être utiles en Église. J'ai pensé aussi à la Miji, la mission intérieure jeunesse, qui cherche à faire de son académie de louange un lieu de "formation de formateurs" à la louange pour les jeunes, et à la formation pour les paroisses "Une Eglise de témoins", qui est en train de se développer après avoir été expérimentée en région parisienne depuis 18 mois. J'ai pensé aux implantations d’Églises, où l'idée est de formée de nouvelles communautés, avec parfois des gens qui ont encore besoin d'approfondir leur foi, tout en étant déjà engagés. J'ai enfin pensé au travail que fait déjà la paroisse du Marais, avec le projet St Paul, où tant de laïcs sont déjà impliqués dans la formation d'autres personnes, dans des domaines divers et variés mais liés à la vie de L’Église.

Ce qui est particulièrement intéressant, c'est cette valorisation de ce que chacun peut apporter à l’Église toute entière. Nous ne manquons pas de possibilités de formation (formations locales ou régionales, formations par correspondance, MOOC, etc.), mais ces formations ne sont pas toujours suivies de mise en pratique, ou de transmission à d'autres. Or c'est en transmettant à d'autres, en répondant à leurs questions, qu'on approfondit soit-même ce que l'on vient d'apprendre ! 

Claire Sixt Gateuille

lundi 15 mai 2017

Regards de loin d'une adepte des réseaux sociaux


Le pasteur Musa Panti Filibus, archevêque de l’Église luthérienne du Christ au Nigéria, président de la Fédération luthérienne mondiale. Photo: FLM/Albin HillertMalgré mes réunions et déplacements divers, j'ai réussi plus ou moins à suivre une partie de l'ambiance et des conférences de l'Assemblée à Windhoek. Cela est grâce aux vidéos, aux réseaux sociaux, au site de l'assemblée et de la Fédération Luthérienne et bien sûr grâce à votre blog et la volonté de rendre compte de ce que vous vivez sur place. J'ai pu suivre l'élection du nouveau président de la FLM, l'archevêque Musa Panti Filibus, ce qui m'a fait plaisir car j'ai eu l'occasion de travailler avec Musa quand nous étions collègues à Genève. Mes prières pour lui dans ce nouveau ministère international qui s'ajoute au travail considérable avec son Église au Nigeria.

Martin Kopp speaks at the thematic plenary on "Creation - Not for Sale" at the Twelfth Assembly of the Lutheran World Federation. Photo: LWF/Albin HillertParfois on s'en prend aux réseaux sociaux, à la "Privation de l'intime" et à notre société de l'information, mais pour ce genre de grand rassemblement international, c'est réellement une chance de pouvoir vivre quelques éléments en direct sans attendre le retour des délégués et leurs rapports.  Merci aux personnes qui travaillent dans l'ombre pour permettre cela, cela vaut la peine!


Libres por la gracia de Dios es el tema de la Duodécima Asamblea de la FLM y la celebración de la Reforma en 2017. Foto: FLM 
Réception et communion
Il y a tentation, bien sûr, à vivre tout dans l’instantanée, à ne pas travailler les thèmes en profondeur lors du retour, d'aborder l'Assemblée comme un divertissement. Pourtant à travers vos réflexions et clins d’œil, j’aperçois une communion eucharistique et fraternelle, une plongée dans la prière et la Parole de Dieu qui animent profondément les discussions et prises de décisions. Il y a dans tout cela un travail de réception des thèmes et des expériences de l'Assemblée de Windhoek, qui est en cours et qui met en chemin. Vivre le déplacement et goûter à une communion universelle comme vous le faîtes est souvent "exaltant" et non pas évident à partager. Mais les fragments du vécu que vous partagez ici nous aideront à vous rencontrer lors de votre retour avec des questions un peu plus pertinentes, au moins espérons-le ! Pendant l'Assemblée on court un peu après le temps mais ensuite le temps du retour et de la réception est lent.

Cette réception est notre responsabilité commune. Alors pour aider le retour de nos délégués, voilà quelques endroits virtuels à visiter pour trouver des ressources théologiques, spirituelles, audiovisuelles et écrites bien réelles !

mis à jour régulièrement - il faut s'y promener un peu, à travers les pages de programme pour chaque jour, mais on y trouve plein de choses!
Par exemple les communiqués de presse en français et oui en anglais aussi!

 
Les pages ressources  donnent accès aux livrets (aie, en anglais espagnol et allemand) sur le thème et les sous thèmes - le salut pas à vendre, les êtres humains pas à vendre, la création pas à vendre.

Les photos sur le compte flickr donnent des aperçus magnifiques de la diversité de la communion mondiale et de l'ancrage de cette assemblée en Namibie.

Et puis si vous êtes sur twitter suivez @lwfassembly

Belle promenade virtuelle à nous qui ne sommes pas en Namibie.

L'hymne du rassemblement

Ecoutez l'hymne du rassemblement de l'Assemblée de la FLM !


dimanche 14 mai 2017

Célébration des 500 ans de la Réforme

La procession (c) CSG
Aujourd'hui, c'était la grande fête ! Une explosion de rythmes, de couleurs, de joie et de reconnaissance. 

Nous nous sommes levés très tôt pour être à 7h15 devant les bus. Une heure plus tard, nos sacs fouillés et nos corps scannés au détecteur de métaux, nous pouvons enfin partir pour le stade Sam Nujoma, où nous arrivons vers 9h. Là, nous attendent déjà de nombreuses chorales. Certaines sont venues d'Afrique du Sud, du Botswana, ont parfois fait 24h de bus pour se réjouir avec nous. Car cette célébration des 500 ans de la Réforme, c'est un événement exceptionnel ici. Chacun - et surtout chacune - a mis sa plus belle tenue, son costume traditionnel le plus élaboré, pour honorer Dieu en ce jour. Les pasteur(e)s ont été priés de se mettre "en tenue", mais pas en habit liturgique (sauf les célébrants). 

La célébration commence à 10h. Nous sommes bien placés, la procession passe devant nous. Procession, chorales locales et chœur de l'assemblée, salutations, prières, chants, lectures bibliques, Cène, envois et bénédiction vont se succéder pendant quatre heures... Les pique-nique nous sont distribués après la communion, lors que le culte n'est pas fini... peut-être pour rappeler que la Cène était un repas... 

Il a fait chaud, malgré les tentes installées pour nous protéger du soleil. Mais toujours, un peu d'air frais venait nous rafraichir au bon moment. Quand nous commencions à ressentir la soif, on nous distribuait des bouteilles d'eau. Quand on commençait à sentir la lassitude, un chant entrainant nous réveillait de notre torpeur. Je dois avouer que je pensais trouver ces 4 heures beaucoup plus longues ! 

Après ce culte marathon, il est prévu d'enchainer avec la "célébration", 1h30 de fête à l'africaine, avec chorales, danses, etc. Mais il faut bien l'avouer, nous - délégués français - n'en pouvons plus. Cela fait 5 jours que nous vivons des journées marathon, et si l'on veut contribuer à ce blog, il faut attendre que la connexion soit meilleure parce que moins de gens sont connectés, et donc attendre le soir tard ou le matin tôt... Aussi nous décidons d'appeler un taxi. On nous demande de ne prendre que la compagnie "sécurisée" avec laquelle a été passé un arrangement. Nous appelons, et montons dans le mini-bus de cette compagnie qui arrive, avant de découvrir qu'en fait, il était prévu au départ pour les représentants oecuméniques... Il y a de la place pour tout le monde, Christian Albecker se retrouve voisin du Cardinal Kurt Koch qui lui donne des nouvelles du pape.  

Nous rentrons donc (enfin) à l'hôtel vers 15h20, et savourons un peu de temps libre et une bonne bière. Un petit tour à la piscine achève de détendre ceux d'entre nous qui bravent l'eau froide. Un petit tour sur le blog ou sur leur messagerie pour ceux qui en ont le courage. 
Demain, le marathon reprend. 

Claire Sixt Gateuille

La prière aux pieds nus

(c) LWF
A Busan, j'avais prié avec mes pieds (voir ici). A Windhoek, j'ai prié pieds nus !

Jeudi, le temps de prière du soir était centré sur le buisson ardent. Je faisais partie des lecteurs de ce temps de prière, et lors de la liturgie, la célébrante nous a invités à quitter nos chaussures, pour manifester la présence de Dieu parmi nous, comme Moïse devant le buisson ardent. Je suis donc montée au pupitre pieds nus... 

Ce soir aussi, nous étions invités à prier pieds nus, cette fois-ci en marchant sur un sol granuleux qui symbolisait le désert, où Dieu vient cheminer avec son peuple. Nous pouvions aussi écrire une prière, prendre une pierre représentant ce que nous avions à confesser et la déposer dans un bassin d'eau, qui symbolisait le pardon de Dieu, être béni(e) par quelqu'un, avoir les pieds lavés, ou simplement chanter avec la chorale. 

(c) LWF
Les temps de célébrations de cette assemblée sont toujours très créatifs, très beaux avec une chorale et un accompagnement musical de qualité et très entrainants, des chants modernes ou arrangés de façon moderne, des lectures à plusieurs voix et en plusieurs langues, parfois de la danse ou une mise en scène de la lecture biblique, des symboles visuels (noix de Makalani, eau, arbre, chaines, etc.). Tout est fait pour que le culte nous touche tout entiers, pas seulement notre intellect, mais notre corps, nos émotions, notre imagination ; pour témoigner que la relation que nous avons avec Dieu n'est pas enfermée dans nos têtes, mais qu'elle nous englobe, nous entoure, nous embrasse. 

J'ai déjà repéré quelques chants que j'aurai plaisir à faire connaitre à notre Eglise dès notre retour. Et quelques idées pour les cultes "autrement". Car ça sert aussi à cela, ce genre de grand rassemblement : à prendre du recul par rapport au quotidien, à trouver de nouvelles perspectives, de nouvelles idées, une bouffée d'oxygène, un temps pour se renouveler.

Claire Sixt Gateuille

samedi 13 mai 2017

La pré-assemblée des jeunes... Les temps cultuels et culturels


c JC
Nous revoilà à Ondangwa où les journées étaient longues et riches ! Mais heureusement, nous n'avons pas que travaillé, nous avons aussi eu des temps divertissants pour nous faire découvrir le pays et les différents horizons dont nous venons.

         Vendredi 5 mai, nous avons été invités à revêtir nos tenues traditionnelles de nos pays respectifs afin de partager nos différentes cultures. J'ai été bien embêtée pour ce point, car aussi loin que je me souviens, je n'ai jamais vu de tenues traditionnelles par chez nous. Il me semble bien qu'il y ait un habit traditionnelle savoyard mais qui n'a du être porté par personne depuis 1870, date où le pays de Savoie a été rattaché à la France. Bref, tout ça pour dire, que j'étais bien embarrassée, heureusement que j'avais dans mes affaires un débardeur blanc avec des motifs bleu et rouge... j'ai ainsi pu dire que je portais les couleurs du drapeau de notre chère France.
La Fédération Luthérienne Mondiale est divisée en 7 régions : Europe centrale et de l'ouest ; Europe de l'Est, Pays Nordique, Asie, Amérique du Sud, Afrique et Amérique du Nord. Chaque région a alors eu 15 minutes pour présenter nos cultures. La soirée a ainsi été très variées en dance traditionnelles, chants ou pièce de théâtre. Etant avec une forte population allemande et seule frenchie du coin, nous avions décidé de jouer une pièce de marionnette, où nous étions nous même les marionnettes, le conte était Cendrillon.


         Dimanche 7 mai, nous avons été divisée dans différentes paroisses autour d'Ondangwa afin d'assister au service dominicale, qui a duré plus de … 3h30 ! Oui,oui, et encore, nous étions en retard. Je n'ai pas compris grand chose, étant donné que le pasteur parlait la langue locale. Autant dire que le temps a été assez long ! Cependant, il y a eu 25 baptêmes d'enfants, ce qui a été assez impressionnant. Aussi l'offrande est un moment très important où les gens accompagnés par 3 différentes chorales qui se relaient se lèvent en partant du fond pour apporter leurs dons devant avec au choix 3 paniers (on peut donner pour un seul ou pour les 3), pour le service quotidien, les baptêmes et la mission. Il est très important de donner quelque chose et il serait très malvenu de ne rien apporter. Nous avons compris cela quand nous avons soulevé ne pas avoir de monnaie Namibienne étant donné que nous sommes cantonnés dans des hôtels à longueur de journée.


c JC






        Enfin, lundi 8 mai, nous avons repris la route pour ce fameux voyage de 17 heures. Si vous avez suivi, nous avons mis 12 heures à l'aller et cinq heures de plus au retour... pourquoi donc ?




c JC




Parce que nous avons pris une route différente. Pour se rendre à Ondangwa, on peut traverser Etosha, qui est le plus grand parc naturel sauvage du pays où les espèces sauvages tels antilopes, lions, éléphants, zèbres, girafes etc sont protégés. Bon pour être honnête, je ne pense pas qu'ils soient tant sauvage que ça, vu le nombre de voiture qui traverse le parc et s'arrête pour les photographier sous tous les angles. Mais nous avons donc eu la chance de revenir sur Windhoek par cette route et il faut avouer que cela reste époustouflant de croiser une troupe d'éléphants, ou de zèbres... Petite anecdote, nous avons même eu une girafe qui a fait son show, marchant à côté du bus à lente allure, traversant devant nous pour se montrer de l'autre côté et courant légèrement pour montrer sa prestance !
c JC






Voilà pour l'aspect ludique de l'assemblée. J'aimerais poster beaucoup plus, mais deux problèmes majeurs sont fort présent... Internet et mon temps libre étant très aléatoire et pas forcément en même temps, cela rends tout plus compliqué ! Mais revenez car j'ai encore beaucoup de choses à raconter !Merci à Johannes Céline pour ses photos d'une très belle qualité. 

Bonne nuit:)