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samedi 10 septembre 2022

Partager un souffle

 

Chant cérémonie de clôture (c) Paul Jeffrey/WCC
 

Ça y est, c'est fini... mais si je suis physiquement rentrée à Paris, ma tête et mon cœur trainent encore un peu du côté de Karlsruhe. Hier, je me suis levée en chantant "Kamana'o i'o", un chant Hawaïen (vous pouvez l'entendre pendant la célébration de clôture, à 56mn), et j'ai passé la journée avec "Together in Christ we move", un chant des îles Tonga (vous pouvez l'entendre pendant la célébration d'ouverture, à 1h15). 

Comme à chaque fois (c'est ma troisième assemblée du COE...), je suis marquée par la beauté des célébrations et en particulier celle des chants, vraies métaphores de la recherche d'harmonie dans l’œcuménisme, pour que chacun puisse porter sa voix propre tout en participant ensemble, dans l'écoute mutuelle, à l'annonce du Christ dans le monde.

Se reconnaitre mutuellement (c) Paul Jeffrey/WCC
 

L'autre chose qui me frappe chaque fois, c'est la bienveillance mutuelle. Comme le disait justement Christophe Douglas-Huriwai, prêtre anglican maohi de Nouvelle-Zélande qui témoignait lors de la cérémonie de clôture, l'assemblée du COE, c'est d'abord une sorte de "rituel de reconnaissance" géant, qui correspond au "Tena koé", un rituel traditionnel où deux personnes, front contre front, respirent à plein poumons le même air, partagent un même souffle pour se reconnaître mutuellement, reconnaitre la part de divin en l'autre. Nous nous sommes reconnus mutuellement pendant huit jours.

Bien sûr, il y a des différences culturelles qu'on a parfois du mal à comprendre, voire à accepter (sur la place des femmes, par exemple), et les accusations de néo-colonialisme qui sont revenues régulièrement, souvent comme slogans, sans que les causes et les conséquences soient analysées, sans que des moyens de vraiment changer les choses soient identifiables puisque les accusations sont trop vagues (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de néo-colonialisme, mais trop de phénomènes différents sont mis dans le même sac pour qu'on puisse trouver des leviers d'action pertinents). Malgré des préjugés qui persistent parfois et la fatigue qui se faisait sentir, cette bienveillance, cette volonté d'accueillir l'autre tel qu'il est et tel que l'on est, et de cheminer ensemble était évidente. L'écoute mutuelle a été d'une qualité exceptionnelle dans notre petit groupe. Par ailleurs, l'urgence des crises climatiques et des conflits (qui risquent dégénérer et ont déjà des répercussions mondiales) a peut-être aidé à lisser les différents et à travailler à se retrouver sur l'essentiel. La volonté de tenir ensemble a été réaffirmée tout au long de l'assemblée. Nous savons désormais que nous avons besoin les uns des autres.

Claire Sixt Gateuille

jeudi 1 septembre 2022

Une première journée bien remplie

La file d'attente pour les badges (c) Chambers/COE
 

Nous sommes arrivés hier matin à Karlsruhe, Emmanuelle Seyboldt, Marc Boss et moi, avec 35mn de retard à l'arrivée. Le temps d'un aller-retour en tram (l'hôtel est à 25mn de la gare et 20 mn du site de l'assemblée) et nous voilà dans la file d'attente pour obtenir notre badge à QRcode, sésame pour participer à l'assemblée. A midi et quelques, nous prenons enfin notre place dans la salle des plénières de travail où la session d'ouverture a déjà commencé. 

A 13h, nous tenons une première ligne de queue devant un des "restaurants" (en fait des préfabriqués avec tables et bancs serrés les uns contre les autres et qui servent tous les mêmes plats), puis celui-ci étant complet, nous nous rabattons sur un autre, qui annonce également complet cinq minutes après, pour finalement nous retrouver dans la file du "restaurant" en plein air. problème : il pleut 😅. Nous trouvons finalement à nous habiter sous une sorte de grand parasol...

A 14h30, nouvelle plénière. Le rapport moral de Ioan Sauca est remarquable (on aurait aimé qu'il soit le prochain secrétaire général, et pas seulement celui par intérim, comme c'est le cas depuis 2020...), tout en fermeté sur les sujets qui le nécessitent et en nuances sur d'autres où l'on pourrait tomber dans les stéréotypes. A 16h, discours du président de l'Allemagne fédérale et de représentants religieux allemands. Ce n'est pas en France qu'un président citerait aussi ouvertement et de façon répétée la Bible... Il attaque de front dans son discours le patriarcat de Moscou sur sa position sur la guerre en Ukraine. Les collègues allemands avec qui j'en parlerai plus tard trouvent qu'il s'est plus adressé aux journalistes allemands qu'aux membres de l'assemblée et qu'il est sorti de son rôle. Le mélange des genres religieux/politique est toujours délicat, et la laïcité à la Française a aussi parfois du bon... 

Cérémonie d'ouverture (c) Jeffrey/COE
 

A 17h30, Cérémonie d'ouverture. Simple, belle, musicalement merveilleuse, avec des chants qui s'enchaînent harmonieusement alors qu'ils sont de styles très différents, par exemple trois alléluia, le premier (orthodoxe) ukrainien, le deuxième indonésien, le troisième Sud-Africain. Je ressens lors de cette célébration la même émotion qu'au Grand KIFF il y a un an : ça y est, on y est, ce qu'on n'était pas sûr de pouvoir organiser il y a encore peu a enfin lieu ; que c'est bon de pouvoir se retrouver, célébrer ensemble, dans la joie ! Jamais avant la Covid-19, le "besoin" de faire communauté avec d'autres de m'avais saisi à ce point. C'était de l'ordre de l'évidence, de l'acquis. Je vis désormais le fait de prier et de louer Dieu aux côtés d'autres, physiquement présents, comme une grâce ; à chaque fois...

Après le repas du soir, nous partons en "processus" jusqu'à une place du centre-ville, précédés par une fanfare, qui nous fait danser durant les 15mn du trajet. Quelle ambiance ! Là, concert et salutations officielles nous attendent, puis les plus courageux peuvent admirer un son et lumière projeté sur la façade du château. Celui étant trop conceptuel pour moi, j'abandonne au bout de 5 mn et part me coucher. Il est tout de même plus de 22h quand je rentre enfin dans le tram de retour. 

Une première journée bien remplie et pleine de promesses...

Claire Sixt Gateuille

jeudi 29 juin 2017

Culte d'Ouverture

En attendant les premiers échos des participants, voici quelques photos du culte d'ouverture :
(c) Guy Maillard

(c) Serge Fornerod

(c) Guy Maillard

dimanche 14 mai 2017

La prière aux pieds nus

(c) LWF
A Busan, j'avais prié avec mes pieds (voir ici). A Windhoek, j'ai prié pieds nus !

Jeudi, le temps de prière du soir était centré sur le buisson ardent. Je faisais partie des lecteurs de ce temps de prière, et lors de la liturgie, la célébrante nous a invités à quitter nos chaussures, pour manifester la présence de Dieu parmi nous, comme Moïse devant le buisson ardent. Je suis donc montée au pupitre pieds nus... 

Ce soir aussi, nous étions invités à prier pieds nus, cette fois-ci en marchant sur un sol granuleux qui symbolisait le désert, où Dieu vient cheminer avec son peuple. Nous pouvions aussi écrire une prière, prendre une pierre représentant ce que nous avions à confesser et la déposer dans un bassin d'eau, qui symbolisait le pardon de Dieu, être béni(e) par quelqu'un, avoir les pieds lavés, ou simplement chanter avec la chorale. 

(c) LWF
Les temps de célébrations de cette assemblée sont toujours très créatifs, très beaux avec une chorale et un accompagnement musical de qualité et très entrainants, des chants modernes ou arrangés de façon moderne, des lectures à plusieurs voix et en plusieurs langues, parfois de la danse ou une mise en scène de la lecture biblique, des symboles visuels (noix de Makalani, eau, arbre, chaines, etc.). Tout est fait pour que le culte nous touche tout entiers, pas seulement notre intellect, mais notre corps, nos émotions, notre imagination ; pour témoigner que la relation que nous avons avec Dieu n'est pas enfermée dans nos têtes, mais qu'elle nous englobe, nous entoure, nous embrasse. 

J'ai déjà repéré quelques chants que j'aurai plaisir à faire connaitre à notre Eglise dès notre retour. Et quelques idées pour les cultes "autrement". Car ça sert aussi à cela, ce genre de grand rassemblement : à prendre du recul par rapport au quotidien, à trouver de nouvelles perspectives, de nouvelles idées, une bouffée d'oxygène, un temps pour se renouveler.

Claire Sixt Gateuille

samedi 13 mai 2017

La pré-assemblée des jeunes... Les temps cultuels et culturels


c JC
Nous revoilà à Ondangwa où les journées étaient longues et riches ! Mais heureusement, nous n'avons pas que travaillé, nous avons aussi eu des temps divertissants pour nous faire découvrir le pays et les différents horizons dont nous venons.

         Vendredi 5 mai, nous avons été invités à revêtir nos tenues traditionnelles de nos pays respectifs afin de partager nos différentes cultures. J'ai été bien embêtée pour ce point, car aussi loin que je me souviens, je n'ai jamais vu de tenues traditionnelles par chez nous. Il me semble bien qu'il y ait un habit traditionnelle savoyard mais qui n'a du être porté par personne depuis 1870, date où le pays de Savoie a été rattaché à la France. Bref, tout ça pour dire, que j'étais bien embarrassée, heureusement que j'avais dans mes affaires un débardeur blanc avec des motifs bleu et rouge... j'ai ainsi pu dire que je portais les couleurs du drapeau de notre chère France.
La Fédération Luthérienne Mondiale est divisée en 7 régions : Europe centrale et de l'ouest ; Europe de l'Est, Pays Nordique, Asie, Amérique du Sud, Afrique et Amérique du Nord. Chaque région a alors eu 15 minutes pour présenter nos cultures. La soirée a ainsi été très variées en dance traditionnelles, chants ou pièce de théâtre. Etant avec une forte population allemande et seule frenchie du coin, nous avions décidé de jouer une pièce de marionnette, où nous étions nous même les marionnettes, le conte était Cendrillon.


         Dimanche 7 mai, nous avons été divisée dans différentes paroisses autour d'Ondangwa afin d'assister au service dominicale, qui a duré plus de … 3h30 ! Oui,oui, et encore, nous étions en retard. Je n'ai pas compris grand chose, étant donné que le pasteur parlait la langue locale. Autant dire que le temps a été assez long ! Cependant, il y a eu 25 baptêmes d'enfants, ce qui a été assez impressionnant. Aussi l'offrande est un moment très important où les gens accompagnés par 3 différentes chorales qui se relaient se lèvent en partant du fond pour apporter leurs dons devant avec au choix 3 paniers (on peut donner pour un seul ou pour les 3), pour le service quotidien, les baptêmes et la mission. Il est très important de donner quelque chose et il serait très malvenu de ne rien apporter. Nous avons compris cela quand nous avons soulevé ne pas avoir de monnaie Namibienne étant donné que nous sommes cantonnés dans des hôtels à longueur de journée.


c JC






        Enfin, lundi 8 mai, nous avons repris la route pour ce fameux voyage de 17 heures. Si vous avez suivi, nous avons mis 12 heures à l'aller et cinq heures de plus au retour... pourquoi donc ?




c JC




Parce que nous avons pris une route différente. Pour se rendre à Ondangwa, on peut traverser Etosha, qui est le plus grand parc naturel sauvage du pays où les espèces sauvages tels antilopes, lions, éléphants, zèbres, girafes etc sont protégés. Bon pour être honnête, je ne pense pas qu'ils soient tant sauvage que ça, vu le nombre de voiture qui traverse le parc et s'arrête pour les photographier sous tous les angles. Mais nous avons donc eu la chance de revenir sur Windhoek par cette route et il faut avouer que cela reste époustouflant de croiser une troupe d'éléphants, ou de zèbres... Petite anecdote, nous avons même eu une girafe qui a fait son show, marchant à côté du bus à lente allure, traversant devant nous pour se montrer de l'autre côté et courant légèrement pour montrer sa prestance !
c JC






Voilà pour l'aspect ludique de l'assemblée. J'aimerais poster beaucoup plus, mais deux problèmes majeurs sont fort présent... Internet et mon temps libre étant très aléatoire et pas forcément en même temps, cela rends tout plus compliqué ! Mais revenez car j'ai encore beaucoup de choses à raconter !Merci à Johannes Céline pour ses photos d'une très belle qualité. 

Bonne nuit:)