lundi 4 juin 2018

La KEK est-elle écolo ?


La Conférence des Eglises Européennes est-elle écolo? En arrivant, j'ai tout observé... Tout d'abord, nous avons tous reçu dans notre sac en tissu, une gourde individuelle qui permet à chacun de s'hydrater tout au long des débats en la remplissant grâce à de grandes bombonnes d'eau ou simplement au robinet. Donc, nous n'utilisons aucun couvert en plastique ou en carton. Les délégués peuvent aussi décider l'option "paperless", afin de lire les textes des interventions sur internet, sans les imprimer. Le tri sélectif est aussi mis en place. Quand au thème de l'écologie, il a tenu une place importante lors de l'assemblée des jeunes. Les stewards vont notamment proposer l'idée que la prochaine assemblée générale soit végétarienne ! 

Mais ce qui m'a le plus marquée à la KEK concernant cette question est la présence des représentants de l'ECEN (European Christian Environnement Network - Réseau européen chrétien pour l'environnement).

J'ai participé à un workshop animé par certains de ses membres lors de la journée consacrée au thème de l'hospitalité. Nous avons abordé ce jour là, la question de l'engagement de nos églises pour l'accueil des réfugiés. Nous savons aujourd'hui que les problèmes climatiques obligent et obligeront dans les années à venir des dizaines de milliers de personnes à quitter leur terre devenue inhabitable.

A l'EPUdF, le mouvement "Eglise verte" commence à se développer lentement mais surement, et cela est très réjouissant. J'ai découvert ici qu'il était possible, grâce à l'ECEN, d'unir nos forces aux autres églises chrétiennes européennes! Et cela est urgent. Participer à ce réseau est une excellente manière d'allier oecuménisme européen et action écologique ! 

La prochaine assemblée générale de l'ECEN aura lieu du 6 au 10 octobre 2018 à Katowice en Pologne, ville où se tiendra la COP 24 deux mois plus tard ! Cette AG est ouverte à tous, alors n'hésitez pas !

Vous pouvez en tous cas dès à présent aller jeter un coup d'oeil au site web : http://www.ecen.org et aimer la page facebook: https://www.facebook.com/ecen.org










Table ronde sur l'ECEN


Photos : Albin Hillert/CEC 

L'Europe, c'est nous

Petra Bosse-Huber (c) Albin Hillert/CEC
Dimanche après-midi, Petra Bosse-Huber, évêque de l’Église protestante allemande, nous a encouragé à parler de l'Europe en Église. Il est important, dit-elle, de ne pas laisser la question de l'Europe aux politiques mais nous devons donner la possibilité que chacun puisse s'en saisir. Elle nous a invité à le faire dans nos paroisses, nous rappelant que l'Europe, ce n'est pas seulement une institution, des organes administratifs. Mais c'est avant tout un projet de réconciliation.

Aujourd'hui, il nous faut ré-investir cet aspect de l'Europe, cette mémoire, pour pouvoir changer ce qui ne fonctionne plus, là où l'Europe faiblit, là où elle faillit. Il s'agit de s'approprier l'idée de maison commune, comme le dit le Métropolite Emmanuel de France.

Petra Bosse-Huber nous a rappelé que l'Europe, c'est nous !

Emmanuelle Brulin

Pèlerinage pour la paix

(c) Albin Hillert/CEC
Dans quelques mois nous commémorerons, et même célèbrerons, la fin de la première guerre mondiale. Si la guerre se déclare, la paix elle doit se construire et chaque génération doit s’en faire l’artisan. En ce dimanche, avec les participants de la Conférence des Églises Européennes, nous avons voulu prendre notre part, symboliquement, par un « pèlerinage pour la paix ». Nous, baptistes ou évangéliques, ne sommes pas très habitués à ce mode de témoignage, à ce qui ressemble à une procession ! Mais la KEK, c’est aussi partager la spiritualité des autres chrétiens et être enrichi de leur manière de témoigner. Nous voilà donc, centaines de participants à l'Assemblée, en train de marcher ensemble le long du Danube en chantant des hymnes évoquant la paix, en priant pour celles et ceux qui aujourd’hui souffrent de la guerre. Nos prières montent ensemble pour nos frères et sœurs chrétiens mais plus largement nos frères et sœurs en humanité, particulièrement en Syrie ou en Ukraine. Nous marchons le long de ce fleuve qui traverse notre Europe, qui traverse les siècles. Nous voyons les ponts qui ont été ravagés, d’autres reconstruits. Et là je sens cette force, la force de l’espoir partagé !
 
(c) Albin Hillert/CEC
A la Conférence des Églises européennes, une immense diversité du christianisme est réunie, ceux qui nous sont familiers en France comme les réformés, les luthériens, les méthodistes et baptistes, les orthodoxes, les anglicans ou l’armée du salut mais aussi ceux que nous connaissons moins comme les vieux catholiques. Et tous ensemble, nous proclamons dans cette marche notre attachement à la paix, notre confiance en Dieu. Cela me rappelle d’autres marches, elles aussi non violentes, collectives de croyants, il y 50 ans aux Etats-Unis pour lutter contre la ségrégation raciale, autour du pasteur baptiste Martin Luther King. Notre contribution à la construction européenne en tant que chrétiens, en tant que représentants d’Eglises réunies dans cette assemblée de la CEC, c’est de rappeler qu’il y a plus que notre nationalité, il y a plus que nos peurs individuelles, nos besoins particuliers : il y a l’Eglise, celle qui dépasse mon étiquette confessionnelle, l’Eglise de notre Seigneur Jésus-Christ et qu’ensemble nous voulons être témoins d’espérance dans ce monde, artisans de paix.



Valérie Duval-Poujol

dimanche 3 juin 2018

Des surprises

(c) Albin Hillert/CEC
Ce genre d'Assemblée réserve toujours des surprises. Elles sont parfois bonnes, parfois moins bonnes. En voici un petit florilège : 
 
Il y a la surprise de découvrir que son bagage n'a pas pris l'avion en même temps que soi... C'est arrivé à l'une d'entre nous.

Il y a la surprise de retrouver tellement d'amis et de gens que je connaîs que j'ai l'impression de faire désormais partie des "dinosaures" de la KEK (ce n'est pas le cas de nos délégués dont la plupart découvrent la KEK). 

Il y a la surprise de découvrir qu'on nous demande de faire partie d'un comité qui va travailler nuit et jour pour proposer une liste pour le comité directeur la plus équilibrée possible (le comité des nominations) ou d'un autre (les "keynote listeners", intraduisible en français) qui doit être la "caisse de résonance" de l'assemblée, faire remonter à ceux chargés d'établir une stratégie pour les 5 ans à venir ce qui ressort des plénières, des discussions entre participants, des ateliers de travail, etc. C'est arrivé à deux d'entre nous.

Il y a la surprise d'entendre un évêque orthodoxe tout à fait respectable faire une blague très, très, très douteuse à Emmanuelle sur son prénom et le film auquel il renvoie...(les moins de 25 ans n'ont pas compris la référence). 

Claire Oberkampf joue durant le service anglican (c)CSG
Il y a la surprise d'être surprise d'entendre d'autres personnes dire le Notre Père en Français à côté de moi lors d'un temps de prière (d'un autre côté, ce n'était pas étonnant puisque j'étais assise entre Claire et Emmanuelle...).

Il y a la surprise d'entendre l'archevêque de Cantorbery Justin Welby demander aux femmes évêques de l'assemblée de l'excuser si tous les célébrants du service anglican sont des hommes.

Il y a la surprise de finir la célébration assez tôt pour pouvoir aller trois-quarts d'heure à la piscine dimanche avant de manger. Yes !

Claire Sixt Gateuille

samedi 2 juin 2018

Surmonter les inégalités : des conversions nécessaires

Atelier de travail sur les inégalités (c) Albin Hillert/CEC
J’ai participé cet après-midi au groupe sur les inégalités qui faisait écho à l’intervention du matin de Lisa Schneider, juriste, qui  a mis en avant l’impératif équilibre à trouver entre diaconie et plaidoyer politique contre les injustices. Les situations sont complexes et ce qui est injuste n’est pas forcément ce qui est ressenti comme injuste. Il est donc nécessaire de ne pas se contenter des symptômes mais de rechercher les causes. Est-il juste par exemple d’aider les personnes démunies ?

J’ai été très intéressée par les témoignages notamment celui d’un participant islandais qui a expliqué l’impact de la crise en Islande sur la population (chômage, perte de sa maison, etc.) mais en même temps cette situation a été l’occasion de développer une réelle solidarité. Les Églises se sont engagées aussi dans cette voie mais n’ont pas voulu « se contenter » de distribuer des sandwichs.

(c) Mladen Trkulja/CEC
Donner à manger à celles et ceux qui sont dans le besoin ne les aide pas à prendre leur destin en main et les maintient dans leur état de pauvreté. Les Églises ont alors distribué des cartes de crédit avec un plafond et des limites (pas d’alcool par exemple). Les jeunes se sont engagés dans cette démarche d’entraide et du coup se sont impliqués plus fortement dans les Églises. 

Renouveler sa compréhension de l’entraide, trouver des solutions qui permettent de rendre aux plus démunis leur dignité et de décider pour eux-mêmes, c’est le virage qu’ont pris les Églises en Islande … une « metanoïa » donc, un changement de direction. L’Évangile ne laisse pas immobile et transforme même nos meilleures intentions.

Les témoignages sont toujours des sources de réflexion et d’inspiration…

Anne-Laure Danet

Dedans ou dehors ? et quelle place pour les marges ?


Sors !
Pour cette journée placée sous le thème de la Justice, Mme la pasteure Elaine Neuenfeldt, de la Fédération luthérienne mondiale, nous a proposé une lecture et une approche du texte de 1 Rois 21, du récit de la vigne de Naboth, en partant du contexte vécu mis en dialogue avec le contexte biblique.
Avant de conclure par une prière, Elaine Neuenfeldt, a posé différentes questions auxquelles nous sommes confrontés notamment sur le partage des richesses, l’accès aux énergies vertes par tous ce qui est loin d’être évident, sur la possibilité d’être une communauté prophétique de témoins par des signes d’espérance dans une société traversée par des conflits, des divisions.

Voici la prière conclusive de son intervention : 
"Sors !
Sors vite !
Ne cesses pas de sortir de ton église !
Quitte la paix et la tranquillité, pour le bruit et l’inconfort.
Va vers les rires et les pleurs.
Apporte avec toi le pain de vie comme un trésor, porte-le au creux de tes mains et dans ton cœur.
Partage-le, encore et encore.
Il y en aura toujours assez, aussi longtemps que tu continueras à le rompre." 
(écrite par Hans Olav Moerk, de Norvège, traduite en Français par Emmanuelle Brulin et Claire Sixt-Gateuille)

In and out
Lisa Schneider, lors de sa conférence sur la justice, nous a fait remarqué que, dans l’Assemblée de la CEC, nous étions quasiment tous issus de l’université ou avions même des carrières universitaires. Pour ma part, c’est une vraie question. Alors que nous nous posons la question de la montée du populisme, ici même, nous sommes une assemblée d’« experts ». Bien sûr nous avons besoin de lieux pour se retrouver, mais est-ce que la pensée revient à eux seuls ? et pouvons-nous représenter nos Églises ainsi ? Est-ce que ce n’est pas justement cela qui nourrit le populisme, cet « entre-soi » ?

L’intervention de Lisa Schneider nous a questionné sur la place des jeunes et nous devons de même nous poser la question de nos catégories socio-professionnelles. Nous devons entendre, pouvons-nous les entendre ?

Emmanuelle Brulin

Tous reliés…


 
Cet article m’a été inspiré par ce qui traine sous nos pieds dans cette conférence et par les témoignages reçus. Donc, au début (et comme le montre la photo) ce qui m’a inspiré c’est le câblage qui parcourt la salle des conférences, essentiel dans une rencontre où ordinateurs et tablettes remplacent cahiers et stylos. Quel rapport avec le sujet de la conférence ? Laissez aller votre lecture jusqu’à la fin et vous verrez.

(c) Albin Hillert/CEC

Dieu merci, dans nos Églises, nous avons beaucoup de frères et sœurs qui traduisent en action concrète l’appel de l’évangile. Il en est ainsi par exemple dans nos multiples actions d’accueil des réfugiés et migrants. Souvent, il nous arrive de sentir que nous ne faisons pas grande chose, que la situation nous dépasse. Dans cette assemblée, les différents témoignages nous ont permis (à nous français) de ne pas nous sentir seuls. Au contraire, nous apprenons avec une certaine joie que nous sommes tous reliés en Christ et dans l’action. Écouter successivement un patriarche orthodoxe syrien, un pasteur grec, une autre italienne nous a fait mieux comprendre comment nous sommes un maillon dans cette belle chaine solidaire et fraternelle.  Nous pouvons mieux voir que, lorsque certains migrants et réfugiés arrivent chez nous dans le sud de la France, par exemple, ils ont bénéficié du témoignage de toute une chaine des témoins. Les avoir en face à face et partager avec eux donne un visage encore plus humain à ce que nous faisons en témoignant de notre foi en Jésus Christ. Dans ces échanges nous entendons encore une fois la voix du Maître nous disant « car j’étais étranger et vous m’avez accueilli ». Mais aussi devient réelle, devant nos yeux incrédules, cette parole qui nous dit : « Vous êtes le corps du Christ, et chacun de vous est une partie de ce corps » 1Cor12:27 Nous ne sommes pas seuls, non seulement parce que l’Esprit guide et accompagne, mais aussi parce qu’Il place devant nous des chaines des témoins qui nous disent comment Dieu est et aime ce monde. Et, bonne nouvelle, nous en faisons partie. C’est comme ça que nous sommes témoins ensemble. Tel est le sujet de notre rencontre : Vous serez mes témoins. Qu’ainsi soit-il !!!
Certains chez nous utilisent l’image de la cordée. Je crains que l’efficacité réelle de l’image utilisée n’existe que dans la tête de celui qui l’utilise. Cette chaine est non seulement réelle, mais vécue en chair et os, dans un chemin de solidarité. Et curieusement cette chaine…libère.


(c) Albin Hillert/CEC
Article rédigé par Roberto Beltrami