vendredi 1 juin 2018

« Vous serez mes témoins » … dans l’hospitalité

V. Duval-Poujol et C. Oberkampf (c) Albin Hillert/CEC
Le culte ce matin nous amène à méditer le texte de Genèse 18 : Abraham accueille trois étrangers. Prier et chanter ensemble, se placer sous le regard de Dieu pour rappeler qu’avant tout c’est Dieu qui nous a accueillis et nous fait à chacun une place. C’est par une forte interpellation que le président de la Fédération protestante d'Italie, Luca Negro, nous entraîne avec une étude biblique sur ce même passage de Genèse 18 élargi au chapitre 19 : l’hospitalité d’Abraham et l’exemple contraire, l’inhospitalité des habitants de Sodome. L’un conduit à la bénédiction, l’autre à la destruction.

Ce thème de l’hospitalité concerne notre foi elle-même parce que l’accueil de l’étranger est lié à l’accueil de Dieu, l’hospitalité est la prise de conscience et le témoignage de la crainte de Dieu. Dieu veut que nous vivions sa présence comme une surprise. Qui sont ces trois hommes qui visitent Abraham ? La réponse vient dans l’engagement d’Abraham et non dans son savoir sur Dieu.

De quel côté sommes-nous ? Comment relisons-nous nos histoires ? Quel impact sur nos mémoires ? Le témoignage de représentants orthodoxes serbes interroge dans la relecture de leur histoire : des blessures restent, alors comment nous entraider pour aller vers la paix et la réconciliation ? La Conférence des Églises européennes doit aussi avoir cette vocation si nous voulons avancer ensemble et porter plus loin  notre témoignage commun.
Mgr Ignatius Aphrem II (c) Albin Hillert/CEC

La question de l’hospitalité est en effet cruciale dans une Europe en mal de valeurs et qui semble avoir oublié ses racines chrétiennes. Il est important de faire connaître les témoignages d’expériences concrètes, pour susciter toujours plus l’engagement des Églises sur le chemin de l’accueil et de l’hospitalité, comme celui du président du synode de l’Église évangélique de Grèce, le pasteur Meletis Meletiadis : « qu’est-ce qui nous a poussé un aller aussi loin dans notre engagement d’accueillir les réfugiés dans nos Églises, dans nos maisons ? C’est notre foi en Jésus-Christ qui nous appelle à nous engager sans crainte ; c’est pourquoi, malgré la crise économique que nous vivons, nous accueillons les réfugiés et nous recevons beaucoup ». Ou encore le témoignage du Patriarche Monseigneur Ignatius Aphrem II, de l’Eglise orthodoxe syriaque, reconnaissant à l’égard des Églises d’Europe pour leur accueil des réfugiés mais inquiet de la montée des nationalismes et des extrémismes ethniques et religieux. L’exode massif des chrétiens fragilise les Églises et la diversité religieuse dans le Moyen Orient. Face à cette situation de crise, le prosélytisme de certaines Églises évangéliques indépendantes rajoute à la souffrance et en exploitant cette situation, sans véritable solidarité et ni hospitalité réelle.

Anne-Laure Danet

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