lundi 18 juin 2018

COE : une session en 3D

 Le patriarche Bartholomée à Genève (c) Laurent Schlumberger
Le culte solennel du 70ème anniversaire du Conseil oecuménique des Églises (COE) a offert ce que l’œcuménisme au carré a de meilleur. Célébré dans la cathédrale (réformée) Saint-Pierre de Genève, ce dimanche 17 juin, il a tissé le psautier huguenot avec les tambours océaniens, les chœurs orthodoxes avec les lectures bibliques en arabe et en mandarin, les chœurs africains avec la prédication donnée par le patriarche Bartholomée de Constantinople.

Le plus souvent, « œcuménisme » signifie pour nous « interconfessionnel », voire, dans les faits, simple dialogue entre catholiques et protestants. C’est une vision très étroite. Car l’oikoumènè, c’est l’ensemble de la terre habitée. Et le coefficient international, à ampleur mondiale en ce qui concerne le COE, vient donc démultiplier, porter au carré, la dimension interconfessionnelle.

Ce culte, tout à la fois sobre (on est dans la cité de Calvin tout de même !) et très riche, a trouvé tout naturellement sa place au milieu de la réunion du Comité central, qui siège cette semaine à Genève. Cette session se trouve elle-même à mi-parcours de l’assemblée œcuménique de Busan et de la prochaine assemblée, qui se tiendra en 2021 ; le lieu de cette onzième assemblée sera décidé mercredi prochain.

Quittant parfois son texte, le patriarche a donné la prédication en français, non sans quelques pointes d’humour (« Le pasteur m’a proposé de prêcher depuis la chaire, mais pour un vieil homme comme moi, il est préférable de rester sur terre ! »). Partant d’Éphésiens 3, il a souligné l’impressionnant chemin parcouru par les Églises ensemble, depuis le milieu du XXème siècle, grâce au Conseil œcuménique. Le service de la réconciliation, de la paix, de la justice et de la solidarité a fait de grands pas, malgré les difficultés doctrinales et les crises sociales et géopolitiques qui n’ont pas manqué. Ce chemin doit se poursuivre : « en mots et en actes, de manières visible et invisible, le Conseil œcuménique des Églises doit, à travers son témoignage, proclamer Christ et Christ seul ». Et « nous savons que le mouvement qui vise à restaurer l’unité des chrétiens prend de nouvelles formes pour répondre aux nouvelles situations et pour faire avec les défis du monde d’aujourd’hui ». L’essentiel est donc devant nous. « Ne nous berçons pas d’illusions », faisons confiance au saint Esprit et portons le témoignage chrétien au cœur d’un monde qui est si fracturé, car « l’Église n’existe pas pour elle-même ».

Des représentants des organisations mondiales évangélique et pentecôtiste sont invités à cette session du Comité central du Conseil œcuménique des Églises. Et après la visite aujourd’hui du patriarche Bartholomée, primat orthodoxe, le Comité central accueillera jeudi le pape François. Plus qu’au carré, c’est un œcuménisme en 3D. 

Laurent Schlumberger,
pasteur de l’EPUdF,
membre du comité central du COE 

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